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Brèves
Deux
dirigeants de la NLD fuient en Thailande
Deux membres
de la NLD occupant des fonctions de direction dans l'Etat Kachin
sont arrivés dans les locaux de leur parti en Thailande le
mardi 20 avril 2004. Les deux hommes, dénommés Naing
Zaw Win et Win Aung, ont déclaré avoir fui à
cause des persecutions qu'ils subissaient encore recemment, alors
que le processus de réconciliation nationale est censé
avoir été lancé…
Le Général
Bo Mya a été hospitalisé
Le
Général Bo Mya, qui dirige de fait la Karen National
Union (KNU) depuis de nombreuses années, a été
hospitalisé ces derniers jours dans un hopital de Bangkok.
Bo Mya, 77 ans, souffre de diabète.
Aung San Suu
Kyi figure dans le top 100 de Time Magazine
Le prix
Nobel de la Paix apparaît dans la catégorie "héros
et icones", aux cotés de Nelson Mandela et du
Dalai-Lama.
La
réunion du Processus de Bangkok reportée Info
Birmanie
La junte militaire birmane a fait savoir par la
voix de son ministre des Affaires Etrangères, Win Aung, que
la réunion du Processus de Bangkok ne pourrait avoir lieu
les 29 et 30 avril prochains comme annoncé.
D'après
son homologue thaïlandais, Sihasak Phuangketkeow, la réunion
est reportée sine die.
16 pays devaient être
représentés lors de cette réunion, à
laquelle Razali Ismael, l'envoyé Spécial du
Secrétaire Général des Nations Unies, devait
lui aussi participer.
Et Sihasak Phuangketkeow
d'ajouter: "La Birmanie nous a dit qu'elle etait actuellement
très occupée par la préparation de la
Convention Nationale, qui doit commencer le 17 mai. Le ministre
birman des Affaires Etrangères, Win Aung, jouera un rôle
clé dans cette Convention, et de ce fait ne peut pas venir
à Bangkok pour la réunion prévue".
Sans doute les militaires ont-ils craint que la communauté
internationale ne les force à aller plus vite et plus loin
qu'ils ne le souhaitent dans le processus de démocratisation
du pays…
Pourtant, comme l'avait dit Kraisak
Choonhavan, le président de la Commission des Affaires
Etrangères du Sénat Thaïlandais, le Processus
de Bangkok devait rester neutre et écouter toutes les
parties. C'est déjà trop, visiblement…
Mauvaises
nouvelles de Rangoun, les analystes inquiets pour la
démocratisation Source: AFP, 25
avril 2004
Après une semaine d'espoirs
déçus de voir libérer l'opposante birmane
Aung San Suu Kyi et une série de signaux négatifs
venant de Rangoun, les analystes s'inquiétaient du chemin
que prenait la junte alors qu'elle a promis une
démocratisation.
La semaine écoulée a
été une immense déception pour ceux qui
espéraient encore que la Birmanie confirme son engagement à
lancer un processus de réelle ouverture politique en mai,
après quatre décennies de pouvoir militaire
absolu.
Dimanche, Mme Suu Kyi était toujours, de
même que son adjoint Tin Oo, en résidence surveillée
alors que beaucoup avaient espéré leur libération
après le nouvel an célébré le 17 avril
en Birmanie.
Autre signe inquiétant, Rangoun a
demandé le report de la 2e réunion, prévue le
29 et 30 avril, du "processus de Bangkok" au sein duquel
une quinzaine de pays européens et asiatiques, dont la
Birmanie, réfléchissent à une démocratisation
dans ce pays.
Enfin, le ton des déclarations de la
junte et de la Ligue nationale pour la démocratie (LND)
--parti de Mme Suu Kyi-- s'est nettement durci.
La question
était ouverte quant à la volonté de Rangoun
de réellement lancer une démocratisation avec une
convention nationale ouvrant le 17 mai et chargée de
rédiger une Constitution mais dont les contours restent
très flous.
"Les nouvelles ne sont pas bonnes,
on a l'impression qu'on fait marche arrière",
commentait un diplomate joint à Rangoun, "on est dans
une phase pessimiste".
"Tout est très
confus, très contradictoire", notait une source proche
de processus de réconciliation nationale, "tout peut
arriver, mais il y a tout de même beaucoup de signaux
négatifs", ajoutait-elle, expliquant que la libération
prochaine de Mme Suu Kyi était elle aussi mise en
doute.
Confinée dans sa résidence de l'avenue
de l'Université, l'opposante s'apprêtait à
entamer son 12e mois de privation de liberté, alors que la
LND avait espéré le 19 avril sa libération
dans "un jour ou deux".
La Thaïlande a par
ailleurs annoncé que Rangoun avait demandé le report
de la réunion du processus de Bangkok, ses responsables
étant "occupés" par la préparation
de la convention.
"Ils auraient vraiment intérêt
à expliquer leur position" à la communauté
internationale, note le diplomate, "mais visiblement ils ne
veulent pas le faire".
Enfin les analystes politiques
se sont alarmés du ton polémique des dernières
déclarations de la LND et de la junte.
La Ligue a
durement critiqué les conditions dans lesquelles est
préparée la convention nationale qui doit réunir
gouvernement, partis politiques et minorités ethniques et
qui semble ressembler comme deux gouttes d'eau à une
précédente convention qui avait échoué
en 1996.
"Les conditions ne sont pas favorables à
des discussions ouvertes et libres", a accusé la LND,
ajoutant que si la nouvelle convention est la même que la
précédente elle "sera obligée de la
quitter".
Le général Thein Sein, chargé
de la préparation de la convention, a rétorqué
que celle-ci se tiendrait sur le même modèle que la
précédente et serait "basée sur les
mêmes six objectifs".
Le sixième objectif
est le maintien d'un rôle dirigeant de l'armée
quelque soit le scénario, "pas tout à fait un
geste de conciliation", ironise un autre diplomate.
"Comment
voulez-vous que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes
effets?" s'interroge le premier diplomate alors que la LND
avait claqué la porte de la première convention, la
jugeant non-démocratique.
La junte se condamne à
une parodie de convention si elle n'y associe pas l'opposition.
Outre la LND, des partis ethniques comme le Parti Mon, la LND Shan
et la KIO des Kachins ont indiqué qu'ils ne souhaitaient
pas participer à une convention qui serait une copie
conforme de la précédente.
La junte "ne
veut pas qu'on lui dicte quoi que ce soit. Tout indique qu'ils
vont aller de l'avant avec leur convention nationale", estime
un analyste birman.
Compromis
et fédéralisme Source: The
Irrawaddy, 6 avril 2004
La junte militaire
birmane demeure sur la voie qui décidera de quel type de
politique la Birmanie devrait adopter dans le futur. Les groupes
ethniques sont favorables au fédéralisme, mais la
junte est, et a toujours été, profondément
anti-fédéraliste. La manière dont les deux
parties résoudront leurs divergences, et rechercheront un
compromis détermine cette question capitale.
Il y a
des signes prometteurs. Quand plusieurs meneurs ethniques, et des
universitaires, furent récemment interrogés sur la
possibilité que les groupes ethniques réalisent un
compromis avec la junte, presque tous ont répondu que
c'était possible. Leur volonté de mettre un terme
aux sources du conflit intérieur, est le premier pas
concret vers la voie du compromis négociée par les
minorités ethniques, en dépit de la foule
d'obstacles sur le chemin des négociations.
Un
rapide regard sur l'histoire du pays suggère que le coup
militaire de 1962 a été déclenché en
raison de l'hostilité de l'armée birmane envers le
fédéralisme. Les protagonistes du coup d'état
ont déclaré que la prolifération d'insurgés
multi-éthniques justifiaient leur action. Mais en réalité,
il etait reproché au gouvernement de U Nu d'avoir fait les
premiers pas vers une politique fédérale en réponse
aux griefs exprimés par les minorités
ethniques.
L'armée qui dirige la Birmanie, sous
diverses appellations, depuis plus de quarante-deux ans, a
finalement essayé de maintenir un Etat centralisé.
Tous les généraux birmans passés ou présents,
ont eu peur du mot " fédéral ", lequel est
synonyme pour eux de " balkanisation ". Ils ont souvent
déclaré qu'ils n'emprunteront jamais la voie
yougoslave. En effet, il n'est pas envisageable que
Rangoun renonce au contrôle de tous les territoires
des minorités ethniques avec facilité.
Les
intérêts ethniques sont aussi divers que nombreux.
Des groupes ethniques ont réclamé leur propre
indépendance, alors que d'autres, tels que les Chin,
souhaitent que la Birmanie deviennent une fédération.
Les minorités ethniques ont également des
divergences sur le type de fédération que la
Birmanie devrait adopter. Des minorités, en dehors de tout
pragmatisme, seraient satisfaites d'un fédéralisme,
au sein duquel la majorité birmane garderait le contrôle
des affaires nationales ; d'autres espèrent obtenir une
autre forme d'autonomie, ou ils peuvent être dégagé
de toute interférence. Ces diverses visions sont
compréhensibles, mais les minorités ethniques,
recherchent un terrain d'entente parmi leurs ambitions partagées,
pour un système de gouvernance fédérale, dans
lequel leurs droits, leur langues, leurs cultures, leurs modes de
vie seraient garantis constitutionnellement ou d'une autre
manière.
La junte ne cédera pas d'un pouce,
concernant son hostilité a un système fédéral
en Birmanie. Malgré des indications qui pourraient
démocratiser la Convention Nationale, l'Institution
responsable de la rédaction de la future constitution du
pays, les minorités ethniques savent que la Birmanie
restera un état centralisé.
Puis, le point
névralgique auquel la Birmanie fait face, est la manière
dont les groupes ethniques pourront réaliser un compromis
entre leurs objectifs déclarés quant à la
création d'un Etat fédéral. David Taw, à
la tête des affaires étrangères de l'Union
Nationale Karen, adopte une approche différente de la
question fédérale. Il est prêt à
abandonner le mot "fédéral ", aussi
longtemps que la junte garantira les droits des minorités
ethniques. En résumé, ce n'est pas l'étiquette
" fédéral ", qu'il pense être
importante, mais l'assurance que les droits, sous tout régime
politique futur, seront observés, sans se soucier du fait
que le système soit considéré comme fédéral
ou non.
Rappelant les réalités politiques de
la Birmanie, David Taw veut voir une forme de décentralisation
amenant au fédéralisme, plutôt qu'une
transition immédiate vers lui. " Ni les nationalités
ethniques, ni les Birmans, spécialement l'armée
birmane, ne sont prêts pour cela ", dit-il. Un
important travail d'éducation de la population doit etre
fait, pour que celle-ci comprenne le système , et
l'importance d'une participation publique à son
fonctionnement.
Mais les minorités ne pourraient
être prêtes à accepter une forme incomplète
de reconnaissance politique, comme compromis. " Nous avons
déjà commencé à élaborer un
compromis collectif entre nous ", a déclaré
Khun Okker, le secrétaire général adjoint du
Front Démocratique National.
Des tentatives menées
par des groupes ethniques pour réconcilier leurs
divergences, et rechercher une solution fondée sur le
compromis, sera une affaire décourageante. Même si ce
découragement conduira à une solution réaliste
qu'ils peuvent utiliser communément pour négocier
avec le régime.
L'issue n'appartient qu'au bon
rapprochement entre leur désir de fédéralisme,
et leur volonté de réaliser un compromis.
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