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Le
forum sur la Birmanie devrait permettre d’accélérer
le processus de réconciliation nationale Source:
The Nation, 31 mars 2004
Le ministre des
Affaires étrangères thaïlandais, Surakiart
Sathirathai, a annoncé hier que son pays accueillerait le
mois prochain la seconde phase de négociations à
propos de la feuille de route pour la démocratie et la
réconciliation nationale en Birmanie.
Selon
Surakiart, "cette rencontre pourrait pousser la Convention
Nationale à annoncer la rédaction d’une
constitution ".
Des représentants de 16 pays
participeront au forum, appelé le " Bangkok Process ",
dont le Japon, Singapour, la Malaisie, l’Indonésie,
la Chine, le Laos, l’Australie, l’Allemagne, la France
et l’Italie.
Les Etats-Unis, détracteurs de
longue date de la junte militaire au pouvoir, n’ont pas été
conviés.
Matthew Daley, haut fonctionnaire du
Secrétariat d’Etat américain, a déjà
laissé entendre que le Bangkok Process serait un échec.
Le
Premier ministre birman Khin Nyunt a annoncé en Août
une feuille de route en sept points pour la démocratie et
la réconciliation nationale, suite à une pression
internationale croissante, incluant des sanctions liées à
la détention d’Aung San Suu Kyi, leader de
l’opposition. La militante pour la démocratie demeure
actuellement en résidence surveillée.
La
Thaïlande a tenu mi-décembre un forum international
pour discuter de la feuille de route. A cette occasion, le
Ministre birman des Affaires étrangères a annoncé
aux participants que le gouvernement prévoyait de charger
la Convention Nationale de rédiger une nouvelle
constitution cette année.
" Je crois que Aung
San Suu Kyi pourrait être libérée
prochainement. " a déclaré hier
Surakiart.
Sihasak Phuangketkeow, porte-parole du ministre
des affaires étrangères a déclaré le
mois dernier que cette réunion donnait à la Birmanie
une chance d’aviser la communauté internationale de
la rédaction d’une constitution ainsi que des
négociations de paix en cours avec les groupes armés
de minorités et la Ligue Nationale pour la Démocratie.
Si
la Birmanie montre à la communauté internationale
que des " progrès tangibles " sont réalisés,
cela pourrait être une condition préalable pour
qu’une assistance humanitaire soit remise en place, a-t-il
suggéré. Le gouvernement birman et le groupe de
minorités armées le plus important, l’Union
Nationale Karen, ont signé un accord verbal de
cessez-le-feu en janvier. Toutefois, quelques foyers de résistance
armée subsistent dans le pays. La Norvège,
l’Autriche, l’Inde, le Bangladesh et la Suisse se
rendront également à Bangkok pour le dernier cycle
de négociations. L’envoyé spécial de
l’ONU pour la Birmanie y a également été
convié.
Un
ministre birman annonce la libération prochaine d'Aung San
Suu Kyi, avant de se rétracter Source:
Associated Press, 3 avril 2004
Douche
écossaise pour Aung San Suu Kyi. Le ministre birman des
Affaires étrangères Win Aung a en effet annoncé
dans un premier temps samedi que la junte allait libérer la
dirigeante de l'opposition d'ici le 17 mai et lui permettre de
participer à une convention constitutionnelle, avant de
paraître faire marche arrière.
A son arrivée
à l'aéroport de Bangkok pour des entretiens avec son
homologue thaïlandais Surakiart Sathirathai, il a accordé
un bref entretien aux chaînes de télévision
japonaise NHK et thaïlandaise iTV, que l'Associated Press a
pu visionner. Win Aung y déclare que le parti d'Aung
San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND),
sera invité à la Convention nationale qui a pour
charge de rédiger une Constitution. La junte au pouvoir en
Birmanie a indiqué que ce congrès commencerait le 17
mai.
Lorsqu'un journaliste lui a demandé si le prix
Nobel de la paix serait relâchée avant cette date, le
ministre birman a répondu: "Oui, le 17 mai". A la
question sur la date exacte de sa libération, il a noté
qu"'il est trop tôt pour le dire". Win Aung n'a
pas voulu donner davantage de détails et il est parti.
S'adressant un peu plus tard à des reporters, il a refusé
de confirmer la libération de la dissidente. "Je ne
suis pas en mesure de vous informer maintenant, mais nous faisons
de notre mieux pour résoudre tous nos problèmes",
a-t-il dit. "On s'occupera du problème d'Aung San Suu
Kyi", a-t-il ajouté. "Nous n'avons aucune haine,
aucune animosité" à son égard.
Après
son entretien avec son homologue birman, le chef de la diplomatie
thaïlandaise Sihasak Phuangketkeow a expliqué qu"'il
y a peut-être eu un malentendu. Mais Win Aung a dit qu'il
n'avait pas donné de date". "Il est trop tôt
pour donner une date précise, mais nous pensons que les
choses progressent dans la bonne direction", a déclaré
M. Sihasak.
Une
feuille de route pour établir une démocratie en
Birmanie Source: Mizzima, 30 mars 2004
Le Commandant en chef de la junte birmane, le Général
Than Shwe, a prononcé une allocution le 27 mars au cours
d’une parade pour l’anniversaire des Forces Armées,
au Parc de la Résistance, sur la rue U Wisara à
Rangoun. Le leader de la junte a déclaré que le pays
allait vers la démocratie, mais il n’a fixé
aucune date pour la libération d’Aung San Suu Kyi,
leader de l’opposition, ni pour la convocation de la
Convention Nationale, étape clé de la feuille de
route en sept points à l’initiative de la junte. Ce
programme prévoit la rédaction d’une nouvelle
constitution, qui devrait mener à des élections
libres et équitables, l’élection des
dirigeants de l’Etat ainsi que la formation du gouvernement
pour guider la nation vers de meilleurs lendemains.
Au
cours de son discours pour l’anniversaire des Forces Armées,
le Général Than Shwe a encouragé les sept
mille militaires présents à soutenir la mise en
place de la " feuille de route pour la démocratie ".
Le texte a été rejeté par ses détracteurs
selon lesquels il ne serait qu’un stratagème tactique
pour prolonger la main mise de la junte sur le pouvoir.
A
l’occasion de cette cérémonie, Than Shwe s’est
félicité pour " les efforts de la nation
concernant la consolidation de la paix, la modernisation et le
développement, en vue de remplir les exigences
fondamentales nécessaires à l’émergence
d’une démocratie disciplinée. "
"
L’Histoire nous a appris que pour protéger et
préserver notre indépendance et notre souveraineté,
obtenues au prix du sang, de la sueur et de vies humaines, il est
impératif que le pays détienne une Tatmadaw (armée)
moderne. Seule une nation munie d’une capacité de
défense moderne est à même d’assurer la
protection efficace de sa souveraineté. Ainsi, il est
évident que dans toutes les nations du monde, les leaders
patriotiques et les technocrates pour lesquels la souveraineté
est le bien le plus cher, sont conscients qu’il est
nécessaire de renforcer et moderniser les Forces Armées,"
a-t-il ajouté.
Selon les politiciens confirmés
de Rangoun, la feuille de route de la junte n’est rien
d’autre qu’une opération de mystification
visant à faire croire tant à la population birmane
qu’à la communauté internationale, qu’une
telle convention pourrait mener à l’émergence
de réformes démocratiques en Birmanie. Loin de
représenter l’émergence d’une démocratie
en Birmanie, le discours de Than Shwe, montre une volonté
de constituer une Tatmadaw moderne, appareil d’oppression de
sa propre population.
Le régime militaire a usé
de persuasion, s’appuyant sur le soutien de quelques groupes
armés ayant signé un cessez-le-feu, pour remettre à
jour la convocation d’une Convention Nationale dont la date
n’a toujours pas été fixée. De plus, la
junte n’a toujours pas reconnu le rôle de la Ligue
Nationale pour la Démocratie (NLD) d’Aung San Suu
Kyi.
La convention a été suspendue en
1996 après le retrait de la LND qui déplorait les
méthodes antidémocratiques du régime
militaire qui manipulait le processus afin d’asseoir son
pouvoir illégal. Dans son discours, Than Shwe n’a
fait aucune mention d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la
paix, détenue depuis le 30 mai suite à un
affrontement entre ses partisans et ceux de la junte qui provoqua
la mort de centaines d’innocents, dont des villageois de la
région. Actuellement, elle est demeure assignée à
résidence à Rangoon en dépit de fortes
pressions internationales appelant à sa libération
immédiate.
Le parti d’opposition d’Aung
San Suu Kyi, la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD) a
marqué la journée du 27 mars d’une pierre
blanche - Journée de la résistance antifasciste -
commémorant Aung San, héros de l’indépendance
bimane et père de Aung San Suu Kyi, qui lança un
appel aux armes contre le fascisme de guerre japonais, appelant à
combattre pour la démocratie et les droits de l’homme
dans un pays dirigé par l’armée, au péril
de leurs vies.
Environ 700 membres de la NLD, partisans,
étudiants et politiciens engagés de longue date dans
la lutte pour la démocratie, se sont rassemblés
devant la résidence de U Than Tun, membre du comité
exécutif de la NLD, pour célébrer cette
journée. Le Comité Exécutif Central de la NLD
a émis une déclaration de cinq pages appelant à
la libération immédiate de tous les prisonniers
politiques et à la restauration de la démocratie et
des droits de l’homme.
" La NLD doit lutter pour
les intérêts du peuple – au risque de leurs
vies, du sang et de la sueur - en s’appuyant sur les
principes de réconciliation nationale, de transition
démocratique afin de résoudre les problèmes
politiques par le dialogue ", note la déclaration.
Le
rapporteur de l’ONU, le professeur Paulo Sergio Pinheiro a
déclaré le 26 mars 2004 qu’il espérait
que Aung San Suu Kyi soit libérée mi-avril,
événement essentiel pour qu’elle joue un rôle
politique. Il a ajouté que la junte militaire devait
reconnaître la NLD et les autres partis politiques.
A
l’issue de sa douzième visite en Birmanie, Razali
Ismail, l’envoyé spécial de l’ONU a
pressenti que Suu Kyi et les autres membres de la LND pourraient
être libérés au plus tard le 16 avril, jour du
Nouvel an birman.
" Beaucoup attendent cette date.
J’espère que cet évènement aura lieu.
Il est très important que Aung San Suu Kyi soit libérée,
bien que sa seule libération ne soit pas suffisante "
remarquait Pinheiro lors d’une conférence de presse à
Genève.
C’est dans ce climat politique que le
vice premier ministre chinois Wu Yi, à la tête d’une
importante délégation commerciale, s’est rendu
à Rangoun le 23 mars 2004 pour une visite de cinq jours
destinée à promouvoir le commerce et les
investissements. Loin d’être une coïncidence,
cette visite semble avoir été planifiée de
longue date.
La délégation a rencontré
le général Than Shwe, chef du régime
militaire birman ainsi que le Premier ministre Khin Nyunt et a
supervisé la signature de 21 accords de coopération
économique et commerciale, le 24 mars 2004. Le véritable
motif de sa visite est de manifester son soutien majeur à
la feuille de route de la junte birmane dans son aspect
militariste.
A maintes reprises, la Chine a dénoncé
les sanctions imposées à la Birmanie par les pays
occidentaux qu’elle considère comme une ingérence
dans sa politique intérieure. Les Etats-Unis et l’Union
Européenne ont intensifié les sanctions suite à
l’arrestation et la détention du prix Nobel de la
paix Aung San Suu Kyi. Dans le même temps, la Chine tire son
épingle du jeu par divers moyens cherchant systématiquement
à maximiser ses relations commerciales avec la Birmanie
tout en consolidant son influence sur l’état voyou.
Le peuple birman est lui préoccupé par
l’augmentation alarmante de la population chinoise en
Birmanie, une conséquence de la permissivité des
officiers corrompus de la junte à l’égard de
la migration de masse des chinois, sans tenir compte de ses
conséquences.
À la surprise de tous, Wu Yi a
déclaré que la communauté internationale
devait respecter la souveraineté de la Birmanie et rester
en dehors de ses affaires intérieures. Il appartient au
régime birman et à son peuple de résoudre
leurs affaires internes, a affirmé un représentant
de l’ambassade chinoise présent à la réunion.
La Chine accuse sans les nommer des pays étrangers de
s’immiscer dans la politique intérieure de
Rangoun.
Les relations économiques et commerciales
entre la Birmanie et la Chine se sont renforcé ces
dernières années, une conséquence de la
politique chinoise de bon voisinage et de coopération avec
ses voisins. Selon des statistiques officielles, le commerce
bilatéral entre la Birmanie et la Chine (comprenant le
commerce frontalier) dépasse 1 milliard de dollars en 2003,
les exportations birmanes vers la Chine avoisinant 170 millions et
ses importations, 900 millions de dollars.
L’envoyé
spécial de l’ONU, M. Razali Ismail, a sommé
Pékin à plusieurs reprises de jouer un rôle
plus important dans la résolution des troubles politiques
en Birmanie. Toutefois, selon les dires du vice Premier ministre
chinois Wu Yi, la Chine s’oppose tant aux volontés de
l’ONU pour la Birmanie qu’aux désirs que la
population birmane ait exprimés en mai 1990 concernant
l’instauration de la démocratie.
Le soutien
chinois a amené la junte birmane à se montrer encore
plus arrogante. Elle s’enorgueillit d’avoir de bons
voisins comme la Chine, l’Inde et l’ASEAN qui
s’opposent tous aux sanctions américaines et
européennes ; ces dernières soutiennent le dialogue
politique avec la détenue de l’opposition Aung San
Suu Kyi.
" Nous ne sommes pas inquiets face à
ces sanctions. Non pas que nous les souhaitions mais parce que
nous vivons par nous-même depuis 26 ans et que nous avons de
bonnes relations avec nos pays voisins avec lesquels nous pouvons
commerce et échanger,’ a déclaré
un responsable birman à l’ambassadeur britannique en
Birmanie, suite au guet-apens prémédité du 30
Mai.
S’adressant à la BBC (British
Broadcasiting Corporation), il a ajouté : " Nous
sommes frontaliers des deux plus grands pays du monde et ils
établissent avec plaisir des relations avec nous concernant
les transports, les échanges de techniques et les mesures
de sécurité. Nous vivons en harmonie avec tous nos
voisins. "
L’armée birmane, au pouvoir
depuis 1962, a ignoré les résultats des élections
de 1990, remportées par la Ligue Nationale pour la
Démocratie (NLD). D’éminents leaders de
la LND ont été arrêtés et les bureaux
du parti fermés depuis le 30 mai 2003. Actuellement, Suu
Kyi, leader légitime et démocratiquement élue,
prix Nobel de la paix 1991, demeure en résidence surveillée
alors qu’environ 1600 activistes démocrates, dont 18
membres du Parlement, dépérissent dans les geôles
de la junte.
Ces dernières années, plusieurs
membres du Parlement sont détenus et d’autres morts
en prison. Plusieurs sont décédés en raison
de leur grand âge en tentant de restaurer la démocratie
et les droits de l’homme dans leur pays. Au jour
d’aujourd’hui, 79 représentants du peuple ont
disparu sous la cruelle dictature militaire en
Birmanie.
Libération
du journaliste birman Kyi Tin Oo Source:
Reporters Sans Frontières
Le journaliste et poète
birman Kyi Tin Oo a été libéré le soir
du 26 mars 2004, après plus de dix ans de détention.
"Je désire me reposer chez moi pendant quelque temps
car mon état de santé reste fragile. Je veux
améliorer ma condition physique pour être capable
d'aller rendre visite à mon fils en prison. Nous ne nous
sommes pas vus depuis six ans", a-t-il déclaré
aux reporters du journal Democratic Voice of Burma. Kyi Tin Oo
souffre de diabète et d'hypertension. Il a subi une
opération aux jambes, il y a quelques mois, et les plaies
n'ont pas guéri en raison de son diabète et de ses
conditions de détention.
Reporters sans frontières
et la Burma Media Association se réjouissent de la
libération de Kyi Tin Oo, mais s'inquiètent de son
état de santé, comme de celui des dissidents qui
restent emprisonnés. Les deux organisations déplorent
que, non contentes de ne pas respecter la liberté
d'expression - en jetant les opposants politiques en prison
pendant de nombreuses années - , les autorités
birmanes les laissent ensuite mourir à petit feu dans des
conditions de détention intolérables. "Je
devrais être heureux, mais je suis triste", a déclaré
Kyi Tin Oo, lors de sa sortie de prison. "J'ai vu la
souffrance de tous ces gens de mes propres yeux et je voudrais
l'amnistie de tous les prisonniers politiques." Reporters
sans frontières et la Burma Media Association soutiennent
cet appel et demandent aux autorités birmanes d'inclure une
amnistie générale des prisonniers politiques à
leur "feuille de route vers la démocratie".
Le
journaliste et poète avait été condamné
en mars 1994 à dix ans de prison. Il lui était
reproché d'avoir écrit certains articles politiques
dans le mensuel Moe Wai (fermé en 1996 pour raisons
financières) et le magazine Tha-bin, interdit en 1988.
Selon un journaliste aujourd'hui réfugié en
Thaïlande, "Kyi Tin Oo était connu dans les
milieux journalistiques pour ses chroniques de la vie de tous les
jours en Birmanie. Il écrivait de très beaux
articles pleins de compassion pour ceux qui souffrent".
Kyi
Tin Oo est marié à Daw Than Yi, écrivain et
gérante d'une librairie. Ils ont quatre enfants. Un de ses
fils, Aung Kyaw Hein, purge une peine de prison de 14 ans pour
avoir appartenu à un mouvement étudiant interdit.
Détenus dans la même prison pendant quelque temps, le
père et le fils ont été séparés
il y a six ans. Agé de 60 ans, Kyi Tin Oo avait déjà
été emprisonné trois ans dans les années
1960, puis sept ans entre 1978 et 1985, et pour quelques mois
après le coup d'Etat de 1988.
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