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Edito
Nous
l'avons dit dans les Net Hebdo précédents, un
certain nombre d'évènements importants ont eu lieu
ces derniers mois. Après l'arrestation d'Aung San Suu Kyi
et la réprobation internationale qui a suivi, la junte a
été forcée de montrer des signes de bonne
volonté. La nomination de Khin Nyunt au poste de Premier
Ministre et la feuille de route qu'il a immédiatement
proposé etaient censées calmer la communauté
internationale, et "créer de l'espace" pour
parler avec l'opposition, à défaut d'ouvrir des
négociations.
Le premier de ces deux objectifs n'a
pas été atteint, loin s'en faut. Au contraire, un
certain nombre de pays, à l'initiative de la Thaïlande,
se sont réunis à Bangkok en décembre dernier
pour le premier volet de ce qui pourrait être un règlement
international de la crise birmane, même si la prudence la
plus absolue reste de mise ( en effet, Than Shwe reste le seul
maître à bord, et tant qu'il n'aura pas donné
son aval à une quelconque forme de changement, celui-ci n'a
aucune chance d'aboutir -voir article ci-dessous- ).
Il
est d'ailleurs à ce titre important de comprendre que Khin
Nyunt est dans une situation des plus inconfortable: la marge de
manœuvre qui lui est donnée est infime, et son sort
est lié à la réussite d'une entreprise
pourtant vouée à l'échec: calmer la
communauté internationale sans provoquer de changement
majeur dans la situation politique de la Birmanie.
Sur le
second objectif, en revanche, les résultats sont plus
probants. Les pourparlers entre la junte et les représentants
d'un grand nombre de groupes issus des minorités de
Birmanie vont bon train, alors que la Convention Nationale
devrait se réunir dans les semaines à venir.
Mais
l'optimisme, même très relatif, qui est le notre,
n'est pas unanimement partagé, y compris par l'opposition
birmane, ni même par des observateurs dont un certain nombre
de nos collègues européens.
Nous allons donc,
dans les prochains numéros de cette lettre, tenter de
présenter différents points de vue sur la situation
et différentes opinions sur des thèmes tels que les
sanctions économiques ou l'attitude que devrait adopter la
communauté internationale.
Nous commençons
aujourd'hui avec une interview de Robert H. Taylor, consultant
international spécialiste de la Birmanie et de l’Asie
du Sud.
Mael Raynaud
Selon
un envoyé des Nations Unies, la réforme attend
l’agrément de Than Shwe Source:
The Irrawaddy, 17 mars 2004
Selon un dirigeant de la
dissidence birmane qui l’a rencontré au Japon
aujourd’hui, l’envoyé spécial des
Nations Unies en Birmanie a déclaré cette après-midi
que le plus haut dignitaire militaire du pays n’a pas encore
approuvé de solution afin de sortir la Birmanie de
l’impasse politique dans laquelle elle se trouve. Razali
Ismail, qui est arrivé à Tokyo hier, a rencontré
le Dr. Min Nyo ainsi que le président de la Japanese Trade
Union Confederation afin de discuter de la situation politique en
Birmanie. La discussion a duré une heure, comme l’a
précisé le Dr. Min Nyo à The Irrawady lors
d’un entretien téléphonique, quelques minutes
après sa rencontre avec M.Razali. Lors de sa visite au
Japon, M.Razali a prévu de rencontrer des membres du
gouvernement ainsi que des représentants de l’influente
Trade Union, connue comme étant le principal groupe de
protection de Rangoun concernant le travail organisé. "
Je suppose que M.Razali est venu afin d’informer le
gouvernement japonais sur la situation actuelle du pays " a
déclaré le Dr. Mint Nyo, qui est directeur du Burma
Office qui prodigue une assistance légale et sociale aux
birmans réfugiés au Japon. L’envoyé
des Nations Unies s’est rendu à Rangoun le 1er mars
et y a rencontré des leaders militaires ainsi que des
leaders de l’opposition et de groupes ethniques afin de
discuter la feuille de route de la junte pour une transition
démocratique, proposée par le Premier Ministre, le
Général Khin Nyunt en Août dernier. M.Razali
a déclaré avoir informé Khin Nyunt que l’ONU
et la communauté internationale ne soutiendraient pas la
première étape de la feuille de route, à
savoir la réunion de la Convention Nationale pour la
rédaction d’une nouvelle constitution, si Suu Kyi et
les leaders de groupes ethniques n’y participaient pas.
M.Razali a déclaré à M.Mint Nyo que Khin
Nyunt comprenait ce désire d’une participation pleine
et entière au processus. L’envoyé des
Nations Unies a également rencontré la leader de
l’opposition Aung San Suu Kyi par deux fois durant son
voyage. M.Mint Nyo a rapporté que selon les dires de
M.Razali, Suu Kyi souhaitait également travailler avec les
Généraux Maung Aye et Khin Nyunt, mais que le
problème serait d’obtenir la permission du Général
Than Shwe, le chef de la junte militaire. Il a également
déclaré que Razali semblait croire que la prochaine
Convention Nationale serait différente de la précédente,
qui avait débuté en 1993 et qui fut suspendue en
1996 lors du retrait de la NLD qui dénonçait l’usage
de procédures non démocratiques. M.Razali a
déclaré que Khin Nyunt lui a assuré que les
participants pourront librement s’exprimer et discuter lors
de la Convention. M.Mint Nyo a déclaré que M.Razali
souhaitait voir participer l’opposition à la
Convention, afin de discuter les problèmes politiques du
pays.
Pinheiro
se voit refuser l’entrée à Rangoun Source:
The Irrawaddy, 17 mars 2004
Selon un membre des Nations
Unies et un groupe de défense des droits de l’homme
thaïlandais, le gouvernement militaire birman a refusé
l’entrée dans le pays au rapporteur spécial
des Nations Unies pour les droits de l’homme, M.Paulo Sergio
Pinheiro. M.Pinheiro,un diplomate brésilien, est chargé
de rapporter la situation des droits de l ‘homme en Birmanie
à la Commission des droits de l’homme des Nations
Unies à Genève, la semaine prochaine. En janvier, un
rapport qu’il a rédigé, détaillant la
situation des droits de l’homme dans le pays, a été
publiquement diffusé. On suppose que M.Pinheiro voulait se
rendre à Rangoun afin d’actualiser et d’amender
ce rapport avant la réunion. Selon un membre des Nations
Unies basé à Bangkok, le gouvernement birman a
refusé d’accorder un visa au diplomate sous prétexte
que le moment n’était pas opportun. Selon un groupe
de défense des droits de l’homme birman basé
en Thaïlande, Assistance Association for Political Prisoners
(AAPP), il prévoyait de se rendre à Rangoun plus tôt
dans la semaine. M.Pinheiro, nommé en 2000, s’est
rendu en Birmanie pour la sixième fois en novembre dernier.
Avant sa dernière visite, l’envoyé des Nations
Unies avait confié à l’AAPP sa frustration au
regard du manque de coopération du gouvernement. "
La junte a probablement refusé l’entrée sur le
territoire à M.Pinheiro car elle avait besoin de temps afin
de dissimuler les violations perpétrées contre les
droits de l’homme " a déclaré le
secrétaire adjoint de l’AAPP, M.Bo Kyi, qui devrait
rencontrer M.Pinheiro lors de la réunion annuelle de la
Commission des droits de l’homme des Nations Unies à
Genève. M.Bo Kyi présume que le récent
rapport de l’envoyé des Nations Unies a certainement
irrité Rangoun, puisqu’il constate que la situation
des droits de l’homme dans le pays s’est aggravée
en 2003. Dans ce rapport, M.Pinheiro recommandait à la
junte de libérer tous les prisonniers politiques et de
lever les restrictions pesant sur les libertés. Il décrit
l’arrestation de la leader de l’opposition Aung San
Suu Kyi et la fermeture des bureaux de la NLD comme " une
régression pour les droits de l’homme au Myanmar
".
Interpréter
l’Etat de Birmanie Interview de Robert H. TAYLOR
Robert H. TAYLOR est un consultant
spécialiste de la Birmanie et de l’Asie du Sud. Il a
été récemment invité à
l’Institut des Affaires de l’Asie du Sud Est de
Singapour en tant que directeur de recherche. Il a enseigné
aux Etats-Unis, en Angleterre et en Australie et a publié
plusieurs ouvrages et articles sur l’histoire et la
politique birmane. Il évoque ici avec Irrawaddy la Birmanie
sous la junte militaire, la feuille de route proposée par
le gouvernement comme avenir au pays.
Pourquoi
beaucoup de Birmans, diplomates et d’observateurs étrangers
sont septiques en ce qui concerne la feuille de route en 7 points
?
C'est une question de perception : voir la tasse à
moitié pleine ou à moitié vide ; avoir comme
objectif immédiat la démocratisation immédiate
et totale et le retrait de l’armée du champ politique
ou l’apparition d’une sorte d’étape
transitoire, intermédiaire. Si vous prenez le point de vue
du département d’Etat américain et du peuple
qui est que l’armée doit quitter immédiatement
le pouvoir pour le donner à la NLD, et bien cela n’aura
pas lieu. Si vous avez comme point de vue la recherche d’un
compromis qui permet un plus grand champ pour l’espace
politique au sein de la société birmane, le
développement des institutions politiques en collaboration
avec l’armée, qui conserve un rôle dans la
gestion de l’Etat, en lien avec les différents
groupes composant la société civile, les mouvements
ayant signé un cessez-le-feu et les partis politiques, et
bien alors vous pourrez percevoir la feuille de route comme
quelque chose d’optimiste.
Si la feuille de
route échoue en raison de l’intransigeance de la
junte, que ce pourrait-il se passer ?
La feuille de
route peut échouer pour diverses raisons, pas seulement à
cause de l’attitude du gouvernement. Je pense que ce serait
une grande tragédie si elle échouait car c’est
une réelle opportunité que nous avons ici avec ce
plan, une rare opportunité dans la vie politique birmane
pour que le peuple aille de l’avant. Je ne suis pas un
visionnaire. Je ne peux vous dire ce qui se passera si la feuille
de route ne donne rien, mais je pense que ce serait une honte
parce que clairement le statut quo n’est pas tenable
indéfiniment. Il faut tous coopérer maintenant pour
surmonter les obstacles qui se dressent face au processus
politique. Car la critique n’aide pas forcément, elle
augmente les oppositions potentiels venant de tous les côtés.
Voyez-vous un retrait graduel des forces armées
birmanes de la vie politique ?
Cela dépendra de
comment l’économie se développera et de
comment la société birmane évoluera. Cela ne
pourra pas avoir lieu dans le contexte économique actuel de
la Birmanie et si les sanctions économiques sont
maintenues. Si l’économie croit, si l’économie
est intégrée au reste du monde, si l’économie
se complexifie suffisamment, l’armée ne pourra pas la
gérer plus longtemps. Et elle aura besoin de faire appel
aux banquiers, traders, entrepreneurs, investisseurs étrangers
du monde civil, et des institutions financières
internationales. Et ensuite les choses pourront se modifier au
niveau de la structure politique du pays. C’est un processus
lent et progressif similaire à celui observé
en Thaïlande, en Corée du Sud et à Taiwan.
Quel est votre point de vue concernant la théorie
d'une rupture qui existerait entre les forces armées
birmanes et la junte ? Est-elle aussi forte qu’on le dit ? Y
a-t-il des factions modérée et extrémistes au
sein de l’armée ?
Je pense que les quinze
dernières années ont démontré l’union
au sien du SPDC et de quelle force elle est. Plus unie que e
l’était le Slorc. Sur certains points, l’union
s’est renforcée en quinze ans. Cela ne veut pas dire
que les personnes qui ont des responsabilités différentes
ne prennent pas des perspectives différentes.
Quel
est votre point de vue sur le Premier ministre ? Est-il un
pragmatique ou un modéré ? Est-il en train de donner
au pays une direction nouvelle ?
Cela dépend de
beaucoup de choses telles que comme la réussite de la
feuille de route, de la levée des sanctions, de la capacité
à l’économie à se développer. Il
y a beaucoup de ponts à franchir avant d’y parvenir.
Mais est-il un modéré ?
Je ne
suis pas vraiment sur de ce que signifie le terme " modéré
". les mots en politique ont plusieurs signification. Il faut
les prendre dans leur contexte. Je n’ai aucune idée,
de cœur à cœur, de ce qu’il pense sur
quoique ce soit. Je pense que personne ne le sait d’ailleurs,
excepté lui-même. Sa politique consiste à
évoquer une feuille de route, sa capacité à
négocier avec les différents groupes suggèrent
qu’il est pragmatique.
Pourquoi la junte a été
incapable de développer l’économie ?
L’armée
travaille avec un bras derrière le dos en terme de
politique économique. Si elle veut mettre en place des
réformes économiques signifiantes, elle doit alors
coopérer avec les institutions financières
internationales – FMI, Banque mondiale, ADB. Sans cette
coopération, elle limite l’effet de ce qu’elle
entreprend. Je ne dirais pas que les généraux sont
les meilleurs managers économiques du monde, ils en sont
loin. Ils ont mis en place beaucoup de politiques économiques
et ils les ont abandonné et sont allés vers d’autres
choses. C’est très difficile pour des entrepreneurs
d’agir. Devant les contraintes auxquelles fait face
l’économie birmane, je pense qu’ils ont fait
mieux que ce qu’on pouvait attendre, mais cela reste
fondamentalement une économie agraire. Or ce qui contribue
à une croissance économique, c’est le commerce
internationale.
Que pensez-vous des sanctions ?
Elles
sont contre productives. C’est une formidable ironie que Ne
Win ait isolé la Birmanie pendant 26 ans des effets de la
globalisation et de la mondialisation, des effets du progrès
venant de l’extérieur. Puis l’armée a
jusqu’en 1988 poursuivi sur cette voie pour tenter de
s’ouvrir ensuite. Et nous pouvons changer cela pour la
situation se modernise et se développe, mais la communauté
internationale dit non, désolé, nous ne ferons pas
cela. Si vous réfléchissez sur ce point, si 1988
s’était déroulé en 1965, l’Ouest
aurait du réagir autrement car c’était la
guerre froide, mais en 1988, la guerre froide était sur sa
fin. Les droits de l’homme intégrait le champ de la
politique étrangère des gouvernements. Bien sur, les
gouvernements occidentaux n’avaient aucun intérêt
en Birmanie. Par conséquent, politiquement c’est
l’affaire de politique intérieure.
La
Thailande en décembre a invité à Bangkok un
forum afin de discuter de la feuille de route. Pensez-vous que la
Thaïlande a un rôle à jouer dans le processus de
réconciliation birman ?
Je pense que la
Thailande joue déjà un rôle. Je ne pense pas
que Bo Mya serait à Rangoun aujourd’hui si le
gouvernement thai ne l’avait persuadé que c’était
la chose la plus utile à faire pour lui. Selon son point de
vue, c’est une bonne chose. Je pense que la Thaïlande a
un rôle signifiant, déterminant à jouer. Et
aussi l’exemple de la Thaïlande, où l’armée
a été capable de quitter la politique au cours d’un
processus politique qui lui a permis de gérer la transition
d’un gouvernement militaire à un gouvernement civil
au cours de la période du premier ministre Prem dans les
années 1980, peut être un exemple à étudier
pour le peuple. Mais les généraux n’étudient
pas ces choses là sérieusement.
La Chine
est un ami de Rangoun depuis plus de 15 ans et beaucoup pensent
qu’elle a une réelle influence politique et
économique en Birmanie. Quel est le rôle de la Chine
? Comment ce pays influence la politique birmane ?
La
Chine a des intérêts économiques et
stratégiques en Birmanie. Elle ne veut pas avoir un
gouvernement non amical sur sa frontière sud. Elle veut la
stabilité le long de ses frontières, et elle veut
faire du commerce et avoir le plus d’opportunités
d’investir. Je pense que les chinois ont été
clair l’année dernière avec le Général
Than Shwe lors de sa visite officielle en Chine et lors de leur
déplacement en Birmanie. Le prêt de 2 millions de
dollars et autres formes d’assistance ont indiqué où
étaient leurs intérêts.
Et les
négociations de paix des Karen à Rangoun …
Si
je comprends bien la nature des cessez-le-feu, l’unique
chemin qui amène à un règlement permanent à
leur suite, devrait être de poser leurs armes et de
rejoindre le processus politique. Et c’est ce que permet la
convention nationale, permettre d’accorder les points de vue
du gouvernement central, de l’armée et les autres.
C’est un difficile processus politique demandant beaucoup de
compromis. Et un des problèmes dans la politique birmane
est justement de réaliser ces compromis. C’est très
dur.
Les mouvements ethniques veulent mettre en place
un dialogue politique mais le gouvernement le refuse. Mais
maintenant, le gouvernement invite ces groupes à rejoindre
la convention nationale. Pourquoi le gouvernement refuse de
discuter du processus politique ?
C’est la
prérogative du gouvernement de décider de quand
parler avec eux et sur quels sujets et je suppose que les généraux
cherchent le meilleur moment pour le faire et le bon emploi du
temps pour le mettre en œuvre.
Le peuple est
effrayé de parler. La méfiance est là et les
gens pensent que les mouchards sont partout. Quel est le
rôle des services secrets ?
C’est un sujet
sur lequel personne n'a fait de recherches. Et moi non plus. C’est
un sujet que les Birmans doivent examiner dans le futur. Aucun
étranger ne pourra le faire.
ASSK reste
extrêmement populaire mais quel est son rôle et celui
de son parti au sein de la convention nationale ? Quels sont ses
atouts et ses faiblesses ?
La politique est l’art
du possible, et permet le compromis. Les gens commencent des
négociations avec des principes et veulent toujours plus,
donc ils n’obtiennent rien. Et il me semble que la faiblesse
de la NLD est au niveau de la sphère publique – je ne
sais pas en privé – son intransigeance non
constructive. Il est impossible pour l’armée de
concéder plus. Donc, le fait que la NLD soit alignée
essentiellement sur les intérêts occidentaux, qui
appliquent les sanctions, renforce l’antagonisme entre le
gouvernement et la NLD. Et je ne pense pas que cela aide la
situation.
Les gens disent qu’ils ont besoin de
plus de transparence et de responsabilité en Birmanie. Que
voyez-vous derrière cette demande ?
Beaucoup de
ces arguments sont avancés pour des raisons politiques. Les
gens parlent de transparence et de responsabilité quand les
problèmes de gouvernance sont là, mais quand tout va
bien, personne n’en parle plus. Quand tout va mal, les gens
soulèvent ces questions politiques pour critiquer la
gestion. Et je pense que c’est largement le cas en Birmanie
et dans l’assistance humanitaire. Les gens croient utiliser
l’assistance humanitaire comme une arme politique et pour
moi cela sonne comme quelque chose d’inhumain et insensé.
Vous êtes souvent accusé d’être
un apologiste de la politique du SPDC. Quelle est votre réaction
à ces accusations ?
Je n’aime pas être
accusé de cela et je pense que c’est injuste. J’ai
souvent pensé que les gens avaient leurs propres
motivations pour dire ces choses. Il y a beaucoup d’émotions
en politique, et j’ai souvent dit des choses que les gens
n’aimaient pas car elles ne correspondaient pas à
leurs points de vue. Quand nous n’aimons pas voir les choses
se passer, nous devons penser à comment faire pour que les
choses ne se passent. Parce que j’essaie de suggérer
qu’il y a peut être une autre stratégie que les
sanctions et la condamnation du SPDC, cela ne plait pas. C’est
politiquement incorrect, impopulaire.
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