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La
Convention Nationale devrait se réunir cette année Source:
The Irrawaddy, 10 février 2004
Le 10 Février
2004, le gouvernement militaire de Birmanie a réitéré
son engagement à reconvoquer la Convention Nationale du
pays afin d'ellaborer une nouvelle constitution avant la fin de
cette année. Toutefois, au jour d'aujourd'hui, aucun emploi
du temps n'a encore été fixé.
Le
ministre des affaires étrangères Win Aung a confié
à l'AFP que la conférence devrait recommencer "peut
être dans les six premiers mois [de l'année] ou
pendant les six mois suivants, cela dépendra de l'avancée
de nos travaux". Il fit ce commentaire lundi dernier, alors
que se tenait, en Thaïlande, la conférence de la
BIMSTEC (Bangladesh, India, Myanmar, Sri Lanka and Thaïlande
Economic Cooperation).Win Aung déclara aux journalistes:"Le
gouvernement fait ce qu'il peut pour normaliser la situation".
Il assura que le principal parti d'opposition, la Ligue Nationale
pour la Démocratie (NLD), pourra travailler normalement et
que sa leader, Aung San Suu Kyi, sera libérée de son
assignation à domicile avant que la Convention Nationale ne
recommence.
La leader de l'opposition, Aung San Suu Kyi,
et 13 autres membres de l'opposition sont en état
d'arrestation depuis Mai dernier quand son convoi fut attaqué
par des émeutiers rassemblés par le gouvernement
dans la division de Sagaing. Des centaines de personnes ont trouvé
la mort dans ce complot, mais il n'existe aucun chiffre
officiel.
La Convention Nationale vit le jour pour la
première fois en 1993; cependant, en 1995, la NLD la quitta
en raison d'une trop grande ingérence de la junte. La
Convention fut close en 1996 sans avoir ellaboré la
Constitution pour laquelle elle avait été créée.
"Nous pensons sincèrement qu'il y aura des avancées
positives très bientôt" a déclaré
Sihasak Puangketkeow.
Le rôle que tiendront la NLD et
des autres partis politiques dans cette nouvelle Convention n' est
pas clair. Pour l'instant, le gouvernement n'a manifesté
aucun signe de bienvenue à l'égard des parti
politiques ayant participé aux élections de 1990.
"Ils peuvent y prendre part" a déclaré Win
Aung. "La question de savoir si la NLD participera ou non
doit être débattue en son sein."
Le moi
dernier, le premier ministre Gen Khin Nyunt a rencontré une
délégation de la KNU (Karen National Union) et Gen
Bo Mya à Rangoun pour discuter les accords de
cessez-le-feu. Le premier ministre a déjà rencontré
plus d'une douzaine de leaders de groupes ayant signé des
accords de cessez-le-feu, qui ont apporté leur soutien à
la Convention Nationale ainsi qu'à la feuille de route en
sept points annoncées par Rangoun en Août
dernier.
Le porte-parole du ministère des affaires
étrangères Thaïlandais, Sihasak Puangketkeow,
fait lui aussi preuve d'optimisme lorsqu'il déclare à
la radio Voice of America :"Nous pensons sincèrement
qu'il y aura bientôt des avancées positives".
Sihasak a également affirmé que la Birmanie et la
Thaïlande avaient une idée précise de l'agenda
de la Convention Nationale.
En Décembre dernier, au
forum de Bangkok, la première conférence
internationale concernant la situation en Birmanie s'est tenue en
présence de délégués du régime.Win
Aung a laissé entendre que 2004 serait une année
importante.
La
Birmanie et la guérilla karen cessent 50 ans d'hostilités
Source: AFP, 25 janvier 2004
Le gouvernement birman et l'une des dernières
guérillas ethniques du pays ont décidé de
mettre fin à plus de 50 ans d'hostilités, une guerre
oubliée mais sauvage pour la minorité karen
poursuivie par l'armée.
Les généraux
de Rangoun ont négocié et conclu la semaine dernière
un cessez-le-feu avec l'Union nationale karen (KNU), un des
derniers groupes ethniques armés à résister
encore au pouvoir central et le plus important avec des effectifs
estimés à quelque 7.000 combattants.
La trêve
représente pour la junte son succès le plus
important en 15 ans dans sa gestion des conflits avec les
minorités ethniques. Elle survient à un moment clé
pour l'avenir politique du pays.
Des concessions
importantes ont été faites aux insurgés par
le régime qui tient à inclure les Karens dans une
convention nationale dont la tâche sera de rédiger
une nouvelle Constitution, présentée comme la
première étape d'une "feuille de route"
traçant la voie de la démocratie.
Les
militaires avaient besoin de renforcer leur crédibilité
car leur projet a été accueilli avec scepticisme par
la communauté internationale qui continue de réclamer
la libération de la dirigeante de l'opposition, Aung San
Suu Kyi, toujours assignée à résidence.
Du
côté des Karens, l'accord -- à la condition
qu'il soit respecté -- représentera un soulagement
après la campagne brutale de répression de l'armée
birmane contre la minorité dispersée dans l'est du
pays et de l'autre côté de la frontière
thaïlandaise.
Viols, meurtres, torture, incendies de
villages et déplacements forcés sont le lot des
victimes de la répression, selon les défenseurs de
la minorité.
Sur une population de trois à
quatre millions de personnes, plus de 125.000 vivent dans des
camps le long de la frontière et 200.000 seraient déplacés
de force à l'intérieur de la Birmanie.
"Ce
que nous voudrions voir, et je reste sceptique, est la fin des
opérations parce qu'en ce moment ils (les militaires)
continuent à attaquer les villages karens, ce qui génère
des déplacés et réfugiés", dit un
responsable humanitaire.
Selon ce spécialiste de la
question des réfugiés, un million de gens ont été
obligés de fuir leur maison au cours des sept dernières
années. "Quand ils partent, leurs villages sont
souvent brûlés, les arbres coupés et des mines
posées pour les empêcher de revenir. Les gens perdent
tout", dit-il.
Sur le plan militaire, la KNU, jadis
puissante, est très affaiblie. Depuis la chute de son
quartier général de Manerplaw en 1995, elle n'est
plus qu'une guérilla ne contrôlant plus aucune
portion significative de territoire et aux finances
chancelantes.
La guérilla a aussi du mal à
recruter de nouveaux combattants, les jeunes karens préférant
aller travailler en Thaïlande. Et elle a été
privée en 2001 du soutien de Bangkok avec l'arrivée
au pouvoir d'un nouveau gouvernement.
La trêve
intervenue le 22 janvier après six jours de négociations
n'est pas l'accord formel que cherchaient les Karens, mais le chef
de la délégation de la KNU, Bo Mya, le chef de sa
branche militaire, a souligné la nécessité de
"rechercher l'harmonie" avec la junte.
"Des
décennies de guerre n'ont profité à
personne", a dit le combattant septuagénaire, selon
des participants aux négociations.
Pour Chayachoke
Chulasiriwongs, spécialiste de la Birmanie à
l'université de Chulalongkorn de Bangkok, il s'agit d'une
évolution positive, et d'autres guérillas, comme
l'Armée de l'Etat Shan, devraient suivre.
"Cela
fait progresser le processus de réconciliation nationale.
Il est encore trop tôt pour dire si le cessez-le-feu
tiendra. Mais je suis heureux que les gens se soient parlé,
c'est un grand premier pas", dit-il.
Une
épine dans le pied de Total Source:
L'Humanité Hebdo, 31 janvier 2004
Unocal, société
pétrolière partenaire de la compagnie française
en Birmanie, est poursuivie par la justice américaine pour
violations des droits de l'homme.
Empêtré en
France dans la controverse suscitée par le rapport
Kouchner, pourtant initialement destiné à blanchir
son comportement en Birmanie, la compagnie Total a aussi du souci
à se faire outre-Atlantique. La compagnie pétrolière
américaine Unocal, sa principale partenaire dans le projet
birman, y est traduite en justice pour complicité de
tortures, viols, exécutions, déplacements de
population et utilisation de travailleurs forcés. Deux
procédures judiciaires sont actuellement en cours, l'une au
niveau fédéral et l'autre au niveau de l'État
de Californie. Elles ont été entamées en
1996, à la suite de plaintes déposées par une
quinzaine de paysans birmans, à la fois contre le régime
de Rangoon, contre Unocal et contre Total. Les plaignants et leurs
avocats accusent les compagnies occidentales d'avoir utilisé
l'armée birmane comme sous-traitant en matière de
sécurité, tout en sachant pertinemment que cette
dernière commet quotidiennement de graves violations des
droits de l'homme. De fait, la signature en 1992 du contrat pour
la construction du gazoduc de Yadana, qui relie le champ de gaz de
la mer du Martaban, au large de la Birmanie à la Thaïlande,
a sonné le départ d'une vaste opération de
nettoyage du Tanasserim, un région à l'époque
tenue par une guérilla. Par ailleurs, si les compagnies
n'ont jamais directement utilisé de travailleurs forcés,
l'armée birmane, qui a débroussaillé le
terrain avant leur arrivée, ne s'en est pas privée.
En outre, pour assurer la sécurité du chantier, les
militaires ont considérablement renforcé leur
présence dans la région, multipliant ainsi les
occasions d'abus de la part de soldats connus pour leurs
exactions.
Total et Unocal ont tout fait pour se sortir du
bourbier juridique américain. La compagnie française
a eu plus de chance que sa collègue américaine. La
production par ses avocats d'un document indiquant que les
poursuites nuisaient aux intérêts extérieurs
de la France, a permis d'annuler la procédure entamée
contre elle. De son côté, Unocal a dû
multiplier les appels judiciaires pour échapper aux procès.
Sans toutefois y parvenir. Au niveau de l'État de
Californie, la justice a estimé cette semaine qu'Unocal
savait que ses opérations en Birmanie allaient entraîner
des violations des droits de l'homme, mais a provisoirement exclu
que la compagnie puisse rendre des comptes pour les crimes commis
par ses sous-traitants. La cour a néanmoins autorisé
les plaignants à poursuivre la procédure. Au niveau
fédéral, dès 1997, la justice estimait
qu'Unocal devait rendre des comptes dans la mesure où elle
" savait ou aurait dû savoir que l'armée
commettait ces abus ". Ce jugement, confirmé en appel
en 2002, fait l'objet d'un nouveau recours de la part de la
compagnie américaine.
Même en cas d'échec
de la procédure, ce long procès et les nombreuses
déclarations de la justice mettant en cause Unocal sont
dommageables pour l'image d'une société déjà
mise en cause pour son rôle trouble en Afghanistan. Maître
d'ouvre du projet birman, Total, qui fait face en France à
une procédure pour les mêmes faits, a toujours fait
preuve de la plus grande discrétion sur les ennuis
judiciaires de sa consoeur.
Camille Bauer
Accord
entre Swift et la junte birmane : contourner les sanctions
américaines via l'euro Source:Alter
Business News numéro 63 - 2 février
2004 www.alter.be
http://www.alter.be/fr/aa_abn.html
Swift (la société de routage des messages
financiers, instituée par les plus grandes banques du
monde) aide le Myanmar à commercer avec l’étranger
eneuros plutôt qu’en dollars, révélait
"The Observer" du 18/01. Pour rappel, les Etats-Unis
mettent en oeuvre, depuis fin août 2003, de nouvelles
sanctions économiques à l'encontre de la Birmanie :
interdiction de toute importation en provenance de ce pays, mais
aussi de tout versement bancaire en dollars... Ce qui a pour effet
de couper l'accès de la Birmanie à cette monnaie, et
donc au commerce international , vital pour la junte. Comme
l'expliquait le journal birman en exil "Irrawady", les
hommes d'affaires de Rangoon ont dès lors ouvert des
comptes en euros, mais les banquesétrangères
refusent les lettres de crédit provenant des institutions
financières birmanes, dont l'embargo américain
impose le gel des avoirs à l'étranger... Interrogée,
la porte-parole de Swift, au siège de la société
à Bruxelles, affirme que "l'info publiée par
"The Observer" n'est pas exacte" : "nous
n'assistons pas la Birmanie pour traduire ses comptes bancaires en
euros et installer un nouveau système financier basé
sur cette devise". "Nous nous contentons de faire notre
métier, comme dans les 200 autres pays avec lesquels nous
travaillons : transmettre des informations financières.
Depuis le début de nos relations, le Myanmar a demandé,
comme il en a le choix, que ses factures soient libellées
en euros et il n'y a pas de changement dans ces habitudes".
Mais à quand date le début de ces relations? "À...
août 2003", reconnaît la porte-parole,
c'est-à-dire... au moment de l'entrée en vigueur des
sanctions américaines, et donc dans le but de les
contourner. Avalisé en novembre, suite au constat de la
solvabilité du Myanmar, l'accord sera pleinement
opérationnel en mars quand la filiale de Swift à
Singapour aura notamment terminé d'installer les logiciels
de la société. Aux questions sur le contournement
de l'embargo US que permet cet accord et sur les règles
éthiques de l'entreprise, la porte-parole répondque
"Swift respecte les obligations légales qui s'imposent
à elle et veut rester neutre : nous ne faisons pas de
politique". Plus d’infos : www.swift.com
<http://www.swift.com> -
www.irrawaddy.org
<http://www.irrawaddy.org>
(tapez "euro") - http://observer.guardian.co.uk
(tapez "Burma")
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