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L'émissaire
de l'ONU maintient sa visite et veut voir Aung San Suu Kyi
Source: AFP, 5 juin 2003
L'émissaire de l'ONU Razali Ismail a maintenu sa visite prévue à
Rangoun où il doit se rendre vendredi et demandera à la junte de voir
l'opposante Aung San Suu Kyi, blessée dans des affrontements meurtriers et
détenue au secret depuis le week-end dernier. Le diplomate malaisien a confirmé
jeudi à l'AFP à Kuala Lumpur qu'il irait bien à Rangoun en dépit des
événements dramatiques du week-end dernier qui ont aussi vu le placement en
résidence surveillée de tous les autres membres dirigeants du principal
parti d'opposition, La Ligue nationale pour la démocratie (LND), et
la fermeture de toutes ses permanences. Les Nations unies "cherchent
toujours à établir si je serai autorisé à voir
Aung San Suu Kyi ou non", a expliqué M. Razali, "on m'a dit que
cela pourrait ne pas être possible mais nous leur avons adressé un appel
pour qu'il me laissent la voir". Interrogé sur les informations en
provenance de Rangoun selon lesquelles il "exigerait" de
rencontrer l'opposante et pourrait éventuellement repartir en cas de
refus, M. Razali s'est montré prudent, et diplomate. "J'ai différentes
options mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'aller tambouriner à la
porte et présenter des exigences. Nous devons leur
parler de manière raisonnable. De toute évidence, j'ai le droit de voir
Aung San Suu Kyi parce que je l'ai vue avant, quand elle était en résidence
surveillée". Une source informée à Rangoun a indiqué que M. Razali
demanderait également de voir les autres membres de la direction de la
Ligue en résidence surveillée
et qui n'ont apparemment plus aucun contact avec l'extérieur, leurs lignes
téléphoniques ayant été coupées. Mme Suu Kyi a été arrêtée après des
violents affrontements entre ses partisans et des éléments favorables
à la junte dans le nord du pays où l'opposante effectuait une longue tournée
politique. Ces affrontements ont fait quatre morts selon les autorités,
mais "plutôt 70 à 80", selon cette source informée. La décision
d'envoyer M. Razali à Rangoun a été prise par le secrétaire général de
l'ONU Kofi Annan après des discussions sur la Birmanie mercredi à New
York. Même si la Birmanie n'a donné "aucune
indication" que l'émissaire de l'ONU serait autorisé à voir Mme Suu
Kyi, a ajouté cette source, "il ne faut jamais rien exclure, même si
les chances sont minimes". "Il y a deux avions par jour" sur
Bangkok, a ajouté cette source
interrogée sur l'éventualité que M. Razali ne reparte immédiatement en cas
de refus. Mme Suu Kyi se trouve dans un camp
militaire à 40 km de Rangoun et
a été blessée au visage et à l'épaule vendredi dernier lors des heurts. Le
vice-ministre des Affaires étrangères Khin Maung Win avait laissé entendre
mardi, lors d'un briefing pour le corps diplomatique à Rangoun, que M.
Razali n'aurait pas la garantie de pouvoir rencontrer l'opposante, comme il
le fait à chacune de ses missions. Le diplomate malaisien --dont ce sera la
10e mission à Rangoun-- a joué un rôle-clé de "facilitateur de
dialogue" dans l'ouverture de discussions historiques fin 2000
entre les généraux et Mme Suu Kyi en vue d'une démocratisation. Mais le dialogue
politique qui devait s'ouvrir n'a toujours pas démarré et les événements du
week-end dernier ont encore gravement assombri l'avenir. Au sixième jour de
la détention au secret de Mme Suu Kyi, la junte n'avait toujours pas
révélé où se trouvait l'opposante et s'en tenait aux informations selon
lesquelles elle n'avait pas été blessée. La junte a attribué la
responsabilité des affrontements au comportement
"antidémocratique" de la LND. De nombreux Birmans avaient été
informés des événements du week-end par les radios étrangères. Dans les
administrations, les employés ont été avertis par leurs supérieurs
hiérarchiques de ne pas parler entre eux des "récents incidents".
Rangoun était calme et aucune mesure de sécurité supplémentaire n'avait
apparemment été prise jeudi.
La visite de l'émissaire
de l'ONU, chance de "limiter la casse" pour Rangoun
Source: AFP, 5 juin 2003
Après l'effet désastreux qu'a eu dans le monde l'annonce d'une nouvelle
arrestation de l'opposante Aung San Suu Kyi et d'une implacable répression
contre son parti, la visite qu'entreprend vendredi l'émissaire de l'ONU
Razali Ismail apparaît comme une chance de "limiter la casse"
pour Rangoun. En dépit des événements, l'envoyé spécial du secrétaire
général de l'ONU Kofi Annan, a maintenu cette visite, la junte aussi. Il va
demander à Rangoun de voir Mme Suu Kyi, ainsi que tous les autres
dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND),
assignés à résidence. Pour les analystes, Rangoun a une chance à saisir et
au moins trois options sont possibles pour cette mission à haut risque. Si
le gouvernement militaire autorise M. Razali à voir le prix Nobel de la
paix, il peut montrer une volonté de s'amender en commençant par fournir un
minimum d'informations et d'éclaircissements. Cette éventualité ne paraît
possible que si Mme Suu Kyi n'a pas été sérieusement blessée. Si le
gouvernement lui refuse une rencontre avec elle, M. Razali peut en faire
une question de principe et reprendre immédiatement l'avion. L'image du
régime birman, auquel l'arrestation de l'opposante a valu une avalanche de
protestations internationales, sera encore plus dégradée. Enfin, si le
gouvernement refuse sa requête et que M. Razali poursuit néanmoins sa
visite, c'est la crédibilité de ce dernier, et partant de l'ONU, qui
pourrait être sérieusement ébranlée. Devant les événements dramatiques du
week-end dernier, et le manque
d'informations sur les affrontements qui ont fait, selon la junte quatre
morts, mais de 70 à 80 selon une source informée, M. Razali, lui-même
maintenu dans le brouillard le plus épais, aurait pu choisir d'annuler sa
visite. Mais, à l'ONU mercredi, Kofi Annan a décidé de l'envoyer. Cette
option, plus tactique, peut mettre les généraux au pied du mur. A condition
que M. Razali soit très ferme. La visite de l'émissaire, prévue pour cinq
jours, est sa 10è et plus importante mission à Rangoun. Elle avait été
acceptée par la junte il y a plusieurs semaines, après quatre refus
successifs. Un élément qui a probablement joué dans la décision d'envoyer
le Malaisien à Rangoun, malgré tout. Jeudi, l'ONU "était toujours en
train de chercher des éclaircissements" sur la possibilité d'une
rencontre avec Aung San Suu Kyi, a expliqué M. Razali à l'AFP. Personne,
hormis les renseignements militaires qui la détiennent dans un camp à 40 km
de la capitale, n'a eu accès à Mme Suu Kyi, blessée lors des affrontements
entre ses partisans et des éléments du régime. Les requêtes déposées par
l'ONU comme par le Comité international de la Croix rouge (CICR) n'ont pas
abouti. "Les gens ont besoin de savoir si elle a des hématomes ou si
c'est plus grave", dit un homme d'affaires birman, "les pressions
(internationales) ne cesseront pas tant qu'on ne saura rien de son état de
santé". Des sénateurs américains et des organisations de défense des
droits de l'homme ont appelé M. Razali à ne pas aller à Rangoun sans
rencontrer Mme Suu Kyi, qu'il voit habituellement à chaque visite. "Je
ne le vois pas venir ici et ne voir qu'un côté, il perdrait toute sa
crédibilité", a estimé aussi un diplomate à Rangoun. Alors que les
chances d'une rencontre semblaient minimes, l'homme d'affaires soulignait
toutefois qu'"il est encore possible qu'il la voie" car
"parfois
les militaires peuvent surprendre". Quelques analystes estimaient toutefois
que M. Razali, même sans voir Suu Kyi, devrait profiter de sa mission
pour obtenir des éclaircissements sur les intentions de la junte
quant à l'ouverture d'un dialogue politique avec l'opposition et passer
encore le message sur la nécessaire démocratisation. L'ONU "a pesé
tous les arguments avant de prendre la décision de l'envoyer. C'est
bien malgré tout qu'il vienne, ça fait sept mois. Il est important qu'il
plaide" auprès des généraux, estimait un diplomate.
L'émissaire de l'ONU n'a
toujours pas pu voir Suu Kyi, mais garde espoir
Source: AFP, 7 juin 2003
L'envoyé spécial de l'ONU Razali Ismail n'avait toujours pas été autorisé à
voir samedi, au deuxième jour de sa visite à Rangoun, l'opposante Aung San
Suu Kyi, au secret depuis plus d'une semaine, mais ne désespérait pas de la
rencontrer avant la fin de sa mission en Birmanie. M. Razali a eu un long
entretien avec le numéro trois du régime militaire birman et chef des
renseignements militaires, le général Khin Nyunt. Il a déclaré qu'il n'avait
pas encore été autorisé à rencontrer Aung San Suu Kyi, mais qu'il
espérait bien pouvoir le faire. "Je pense que le gouvernement peut
être amené à m'autoriser à la voir" a déclaré M. Razali à la presse
après l'entrevue, estimant que cela servirait plutôt la cause de la junte,
qui s'est attirée une avalanche de condamnations internationales.
"Razali ne part pas, il ne partira pas demain", a indiqué une
source proche des efforts menés en vue du dialogue de "réconciliation
nationale" en Birmanie depuis plus de deux ans, dans une allusion à
l'éventualité qu'il écourte brutalement sa mission s'il n'obtenait pas
l'autorisation de voir la lauréate du Prix Nobel de la paix. "Rien n'a
encore été réglé (sur cette rencontre), mais nous pouvons encore garder espoir",
a ajouté cette source, "nous allons voir comment les choses évoluent
demain". La même source a estimé "plutôt encourageantes" les
informations communiquées par les responsables gouvernementaux à M. Razali
sur Mme Suu Kyi, que personne n'a vue depuis qu'elle a été blessée dans des
heurts très violents entre ses sympathisants et des éléments pro-junte. La
junte a eu du mal à convaincre en affirmant que Mme Suu Kyi n'avait pas été
blessée le 30 mai, date depuis laquelle elle est détenue dans un camp
militaire. L'opposante, selon une source informée, été blessée au visage et
à l'épaule. Le convoi de Mme Suu Kyi qui effectuait une tournée politiuqe
dans le nord est apparemment tombé dans une embuscade, que le
département d'Etat américain a estimée avoir été montée par "des
voyous à la solde du gouvernement". Les affrontements, selon une
source informée, ont fait un bilan probablement "plus proche des
70 à 80 morts" que des quatre tués annoncés par la junte.
Samedi, la radio britannique BBC a affirmé que plus de 100 partisans d'Aung
San Suu Kyi sont morts "assaillis sans pitié" à coup de
baton lors de ces heurts, dont la junte a fait porter l'entière
responsabilité à Mme Suu Kyi et ses partisans qu'elle a accusé de
"comportement antidémocratique". Outre sa demande de rencontrer
Mme Suu Kyi et les autres dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour
la démocratie (LND) en résidence surveillée, et de les voir libérer, M.
Razali doit tenter de faire comprendre aux représentants du régime très
isolé de Birmanie quelle indignation ont suscitée ces événements dans la
communauté internationale. La Birmanie s'expose à un alourdissement des
sanctions occidentales qui la pénalisent depuis les années 90. Sans
attendre la conclusion de la visite de M. Razali, les Etats-Unis ont
allongé vendredi la liste des dirigeants du régime birman soumis à des
restrictions de visa et envisagé de prendre très bientôt de nouvelles
sanctions si Mme Suu Kyi n'est pas libérée. Dans un message peu rassurant,
le général Khin Nyunt, cité par la presse officielle samedi, a dénoncé Aung
San Suu Kyi et la Ligue, fustigeant "la ligne de confrontation adoptée
récemment par la LND qui a provoqué des incidents fâcheux ayant entraîné
une grande perte pour l'Etat". M. Razali effectue sa 10e mission à Rangoun
et celle-ci doit durer, sauf imprévu, jusqu'au 10 juin. Le diplomate
malaisien a été largement crédité de l'ouverture de discussions historiques
entre Mme Suu Kyi et la junte en vue d'une "réconciliation
nationale" fin 2000. Même si ces discussions patinaient depuis des
mois et que le processus politique semble être reparti en arrière
avec les événements du 20 mai.
L'envoyé de l'ONU fait
état de "discussions encourageantes" avec la junte
Source: AFP, 9 juin 2003
Pour la première fois depuis son arrivée à Rangoun vendredi, l'envoyé
spécial de l'ONU Razali Ismail, qui cherche à rencontrer l'opposante
emprisonnée Aung San Suu Kyi, a fait état de discussions
"encourageantes" lundi avec de hauts responsables de la junte
birmane. "Je suis encouragé par ma rencontre avec le
vice-généralissime Maung Aye en présence du premier secrétaire", le
général Khin Nyunt, a déclaré M. Razali après s'être entretenu en
matinée avec les numéros deux et trois du régime militaire.
"J'espère que je vais être en mesure de remplir un ou deux objectifs
de ma visite", a dit M. Razali à la presse. Le représentant spécial du
secrétaire général Kofi Annan avait pour mandat
essentiel de rencontrer l'opposante que personne -- hormis les
renseignements militaires qui la détiennent -- n'a vue depuis de violents
affrontements le 30 mai entre ses sympathisants et ceux de la junte, et de
demander sa libération immédiate. "C'est tout ce que je vais dire. Je
ne pars pas aujourd'hui", a ajouté M. Razali, dont le programme a
visiblement été chamboulé, et très chargé, lundi matin. Des sources proches
de l'émissaire avaient laissé entendre qu'il écourterait sa visite
s'il n'obtenait pas satisfaction sur une rencontre avec l'opposante, qu'il
connaît bien pour avoir effectué déjà neuf missions en Birmanie et joué le
rôle de "facilitateur de dialogue" entre celle-ci et les
généraux. Mme Suu Kyi est détenue dans un camp militaire à 40 km de Rangoun
et a été blessée au visage et à l'épaule sans que ses jours ne soient en
danger, selon une source informée. Le régime militaire a démenti qu'elle
ait été blessée et n'a jamais indiqué où elle se trouvait. M. Razali est à
Rangoun depuis vendredi où il a tenté inlassablement d'obtenir le feu
vert à une rencontre avec la lauréate du prix Nobel de la paix 1991.
L'entretien de M. Razali avec le général Maung Aye, vice-président du
SPDC (Conseil d'Etat pour la paix et le développement) au pouvoir à
Rangoun, n'a duré que dix minutes lundi matin, selon de bonnes
sources. Vendredi, M. Razali avait déjà eu des discussions avec le numéro
trois du régime, le général Khin Nyunt, qui n'avaient rien donné. Le numéro
un, le généralissime Than Shwe, considéré de plus en plus comme le
haut responsable détenant réellement le pouvoir décisionnel à Rangoun,
était en déplacement en province. Un déplacement qui ne devait rien au
hasard, pour certains analystes. Les heurts très violents survenus dans le
nord du pays auraient fait des dizaines de morts, mais seulement
quatre selon la junte, qui en a attribué l'entière responsabilité à
l'opposition et à son comportement "antidémocratique". Mais les
témoignages recueillis par la dissidence en exil se sont multipliés ces
derniers jours et concordaient sur une embuscade montée par des éléments
pro-junte contre le convoi de Mme Suu Kyi, qui effectuait une tournée
politique dans le Nord avec les sympathisants de son parti, la Ligue
nationale pour la démocratie (LND). Des diplomates de l'ambassade des
Etats-Unis à Rangoun qui se sont rendus sur les lieux la semaine dernière ont
conclu eux aussi à une "embuscade" montée par "des voyous à
la solde du gouvernement". La ré-arrestation de Mme Suu Kyi, libre
depuis seulement un an après la deuxième période d'assignation à résidence
de sa vie, a provoqué l'indignation dans de nombreux pays, d'où ont été
lancés des appels à sa libération immédiate ainsi qu'à celle des autres
dirigeants de la LND. Les autres membres dirigeants du principal parti
d'opposition ont tous été placés en résidence surveillée à Rangoun. Sauf
son vice-président Tin Oo, 76 ans, que la rumeur avait donné pour mort, et
qui était, selon la junte, détenu dans une prison de la région de Sagaing,
proche du théâtre des violences du 30 mai.
Aung San Suu Kyi
"va bien" et n'a pas été blessée, affirme l'émissaire de l'ONU
Source: AFP, 10 juin 2003
Aung San Suu Kyi "va bien" et n'a pas été blessée, a assuré
mardi l'envoyé spécial de l'ONU Razali Ismail, autorisé quelques heures
seulement avant la fin de sa mission à Rangoun à rencontrer l'opposante
birmane maintenue au secret depuis la fin mai. Le représentant spécial du
secrétaire général de l'ONU Kofi Annan est la première personne à voir Mme
Suu Kyi depuis qu'elle a été arrêtée le 30 mai lors d'affrontements
violents entre ses sympathisants et des éléments pro-régime dans le nord de
la Birmanie où elle effectuait une tournée politique.
"Je peux vous assurer qu'elle va bien et a bon moral", a déclaré
M. Razali à la presse à l'aéroport avant de quitter Rangoun. A la question
de savoir si Mme Suu Kyi avait été blessée, il a simplement répondu:
"Non, non, pas de
blessures". La junte avait démenti des informations selon lesquelles
Mme Suu Kyi avait été blessée lors de ces violences survenues après
une "embuscade" de "voyous à la solde du
gouvernement" birman, selon le département d'Etat américain. M. Razali
a obtenu à l'arraché l'autorisation de voir Mme Suu Kyi quelques
heures seulement avant de quitter la Birmanie à l'issue d'une visite de
cinq jours lors de laquelle il a multiplié les entretiens avec les responsables
du gouvernement militaire. Sa rencontre lundi avec le numéro deux de la
junte, le général Maung Aye, semble avoir été déterminante alors que
la pression de la communauté internationale s'accentuait sur Rangoun.
M. Razali a passé une demi-heure avec Mme Suu Kyi dans des locaux du
gouvernement de la capitale. "Nous avons eu une bonne
discussion", a-t-il déclaré. "J'ai entendu diverses informations
sur les incidents (du 30 mai). Elle a sa version et j'en ai pris
note", a-t-il dit. Les violences ont officiellement fait quatre morts.
Mais des sources de la dissidence se fondant sur de multiples témoignages
visuels ont fait état d'au
moins 70 morts. M. Razali pourrait être tenu à une certaine réserve après
la rencontre avec Mme Suu Kyi, obtenue avec tant de difficultés et ne
pas dire tout ce qu'il sait désormais, ont souligné des diplomates. Il n'a
par exemple pas pu dévoiler l'endroit où il avait été amené à
rencontrer l'opposante, indiquant simplement que ce n'était pas à la
résidence de Mme Suu Kyi, où celle-ci a effectué deux longues
périodes d'assignation par le passé. Lors d'une escale à Singapour sur le
chemin de Kuala Lumpur, il a de nouveau réclamé la libération de Mme
Suu Kyi et des autres opposants et pressé la junte et le mouvement démocratique
de reprendre le dialogue. Les deux camps doivent "se rendre compte des
dangers potentiels" d'un échec du processus de réconciliation, a-t-il
dit. Il s'est refusé à toute déclaration sur le bilan controversé des
récentes violences politiques. Le diplomate malaisien avait obtenu de
pouvoir rencontrer Mme Suu Kyi au lendemain d'un appel lancé par
Washington et de menaces renouvelées d'un durcissement des sanctions
américaines contre la Birmanie. M. Razali a ajouté que les responsables
birmans lui avaient donné "des assurances très fermes et claires"
de leur intention de libèrer l'opposante. Mais, a-t-il ajouté, "ils
devraient faire quelque chose maintenant pour montrer qu'ils sont sérieux
sur leur volonté d'avoir des discussions avec elle".
L'émissaire de l'ONU a
obtenu de Rangoun le strict minimum
Source: AFP, 10 juin 2003
L'émissaire de l'ONU Razali Ismail n'est pas reparti les mains vides
de Rangoun mardi puisqu'il a pu voir à la dernière minute l'opposante Aung
San Suu Kyi, mais il a obtenu le strict minimum du gouvernement militaire.
Si M. Razali, première personne à voir Mme Suu Kyi détenue au secret depuis
le 30 mai, a fourni les seules informations indépendantes rassurantes sur
l'état de santé du prix Nobel de la paix, les diplomates joints à Rangoun
se gardaient bien de tout optimisme à l'issue de la visite de l'envoyé
spécial de Kofi Annan.M. Razali a mis près de cinq jours à avoir le feu
vert de Rangoun à une rencontre avec Mme Suu Kyi --qu'il voit en temps
normal à chacune de ses visites en Birmanie-- et à l'arraché, moins de
quatre heures avant son départ. Le représentant de l'ONU a évité de
justesse un fiasco total face à une junte
arc-boutée sur son refus et généralement peu sensible à l'opinion
internationale."C'est un geste qu'ils ont fait malgré tout, et vu les
circonstances on ne pouvait pas espérer trop", jugeait un diplomate
ajoutant que le bilan de la visite de l'émissaire est "très
limité". Selon une source proche de M. Razali, celui-ci a essuyé un
refus de voir Mme Suu Kyi dès son arrivée et il y a eu "de grandes
discussions internes" à ce
sujet. M. Razali a apparemment pu obtenir cette concession de dernière
minute en insistant sur la condamnation de la communauté internationale et
l'imminence d'un durcissement des sanctions contre la Birmanie à un moment
où Washington multiplie les avertissements. Toute la mission de M. Razali
en Birmanie --la 10e, et la plus difficile-- a donc été focalisée sur la
seule question de savoir si oui ou non il pourrait voir Mme Suu Kyi. Une
question certes importante au vu des informations inquiétantes circulant
sur sa santé, mais qui a laissé de côté d'autres questions majeures telles
le sort de tous les autres dirigeants de son parti en résidence surveillée
et l'avenir du processus politique birman qui était déjà dans une mauvaise
passe avant ces événements. "La voir c'était le premier objectif, on a
été rassurés sur la santé et l'état d'esprit de Mme Suu Kyi, mais il
y a tout le reste, la libération des autres, le redémarrage du processus politique,
on est loin du compte", déclarait un analyste à Rangoun. Les
autres membres de la direction du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue
nationale pour la démocratie (LND), ont été placés en résidence surveillée
à Rangoun, le vice-président de la Ligue, Tin Oo est, selon la junte
emprisonné dans le Nord. Une chappe de plomb s'est donc de nouveau abattue
sur le principal parti d'opposition, qui tentait laborieusement de parler
avec la junte d'une "réconciliation nationale" depuis la
fin 2000, grâce aux bons offices de M. Razali. Toutes les permanences du
parti ont été fermées dans le pays à la suite des affrontements entre des
sympathisants de Mme Suu Kyi et des élements pro-junte le 30 mai,
dans le nord du pays. M. Razali n'a pas pu obtenir à Rangoun la libération
de Mme Suu Kyi, ni celle de ses lieutenants. "Les événements montrent
clairement que (le général) Than Shwe (le numéro un de la junte) n'a que du
mépris pour l'ONU et la communauté internationale", explique Debbie
Stothard, responsable au groupe de défense des droits de l'Homme
Altsean-Burma. "C'est bien qu'ils lui aient donné un accès" à Mme
Suu Kyi, dit de son côté
un diplomate, "mais quel geste en vue de la réconciliation nationale
ont-ils fait? Ils ont arrêté Suu Kyi, tabassé ses sympathisants et les ont
jetés en prison".Avant son départ, M. Razali a déclaré qu'il
"voudrait revenir dès que possible". "D'ici là j'espère que
(Aung San Suu Kyi) aura été libérée, les autres aussi, qu'on pourra partir
d'un bon pied et accélérer le processus de réconciliation nationale".Encore
faudra-t-il que les généraux acceptent qu'il retourne à Rangoun. "Je
voudrais revenir dès que possible. D'ici là j'espère qu'elle aura été
libérée, les autres aussi, qu'on pourra partir d'un bon pied et accélérer
le processus de réconciliation nationale", avait-il dit à Rangoon.
"Dans une certaine mesure, cette visite dissipe l'atmosphère
pessimiste, mais il va falloir voir ce qui se passe après tout cela",
a estimé, prudent, un diplomate. Les autres membres de la direction du
parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont été
placés en résidence surveillée, toutes les
permanences du parti dans le pays fermées et de nombreux sympathisants qui
accompagnaient Mme Suu Kyi --un chiffre d'une centaine a été évoqué-- n'ont
pas réapparu depuis le 30 mai.
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