Birmanie>Net Hebdo n° 31
La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie

 

 

Sommaire
numéro spécial visite de Razali Ismael a Rangoun

  • L'émissaire de l'ONU maintient sa visite et veut voir Aung San Suu Kyi 
  • La visite de l'émissaire de l'ONU, chance de "limiter la casse" pour Rangoun 
  • L'émissaire de l'ONU n'a toujours pas pu voir Suu Kyi, mais garde espoir
  • L'envoyé de l'ONU fait état de "discussions encourageantes" avec la junte 
  • Aung San Suu Kyi "va bien" et n'a pas été blessée, affirme l'émissaire de l'ONU 
  • L'émissaire de l'ONU a obtenu de Rangoun le strict minimum

 

L'émissaire de l'ONU maintient sa visite et veut voir Aung San Suu Kyi
Source: AFP, 5 juin 2003 

 L'émissaire de l'ONU Razali Ismail a maintenu sa visite prévue à Rangoun où il doit se rendre vendredi et demandera à la junte de voir l'opposante Aung San Suu Kyi, blessée dans des affrontements meurtriers et détenue au secret depuis le week-end dernier. Le diplomate malaisien a confirmé jeudi à l'AFP à Kuala Lumpur qu'il irait  bien à Rangoun en dépit des événements dramatiques du week-end dernier qui ont aussi vu le placement en résidence surveillée de tous les autres membres dirigeants du principal parti d'opposition, La Ligue nationale pour la démocratie  (LND), et la fermeture de toutes ses permanences. Les Nations unies "cherchent toujours à établir si je serai autorisé à voir
Aung San Suu Kyi ou non", a expliqué M. Razali, "on m'a dit que cela pourrait ne pas être possible mais nous leur avons adressé un appel pour qu'il me laissent la voir". Interrogé sur les informations en provenance de Rangoun selon lesquelles il "exigerait" de rencontrer l'opposante et pourrait éventuellement repartir en  cas de refus, M. Razali s'est montré prudent, et diplomate. "J'ai différentes options mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'aller tambouriner à la porte et présenter des exigences. Nous devons leur parler de manière raisonnable. De toute évidence, j'ai le droit de voir Aung San Suu Kyi parce que je l'ai vue avant, quand elle était en résidence surveillée". Une source informée à Rangoun a indiqué que M. Razali demanderait également de voir les autres membres de la direction de la Ligue en résidence surveillée
et qui n'ont apparemment plus aucun contact avec l'extérieur, leurs lignes téléphoniques ayant été coupées. Mme Suu Kyi a été arrêtée après des violents affrontements entre ses  partisans et des éléments favorables à la junte dans le nord du pays où l'opposante effectuait une longue tournée politique. Ces affrontements ont fait quatre morts selon les autorités, mais "plutôt 70 à 80", selon cette source informée. La décision d'envoyer M. Razali à Rangoun a été prise par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan après des discussions sur la Birmanie mercredi à New York. Même si la Birmanie n'a donné "aucune indication" que l'émissaire de l'ONU serait autorisé à voir Mme Suu Kyi, a ajouté cette source, "il ne faut jamais rien exclure, même si les chances sont minimes". "Il y a deux avions par jour" sur Bangkok, a ajouté cette source interrogée sur l'éventualité que M. Razali ne reparte immédiatement en cas de refus. Mme Suu Kyi se trouve dans un camp militaire à 40 km de Rangoun et a été blessée au visage et à l'épaule vendredi dernier lors des heurts. Le vice-ministre des Affaires étrangères Khin Maung Win avait laissé entendre mardi, lors d'un briefing pour le corps diplomatique à Rangoun, que M. Razali n'aurait pas la garantie de pouvoir rencontrer l'opposante, comme il le fait à chacune de ses missions. Le diplomate malaisien --dont ce sera la 10e mission à Rangoun-- a joué un  rôle-clé de "facilitateur de dialogue" dans l'ouverture de discussions  historiques fin 2000 entre les généraux et Mme Suu Kyi en vue d'une démocratisation. Mais le dialogue politique qui devait s'ouvrir n'a toujours pas démarré et les événements du week-end dernier ont encore gravement assombri l'avenir. Au sixième jour de la détention au secret de Mme Suu Kyi, la junte n'avait  toujours pas révélé où se trouvait l'opposante et s'en tenait aux informations selon lesquelles elle n'avait pas été blessée. La junte a attribué la responsabilité des affrontements au comportement "antidémocratique" de la LND. De nombreux Birmans avaient été informés des événements du week-end par les radios étrangères. Dans les administrations, les employés ont été avertis par leurs supérieurs hiérarchiques de ne pas parler entre eux des "récents incidents". Rangoun était calme et aucune mesure de sécurité supplémentaire n'avait  apparemment été prise jeudi.


La visite de l'émissaire de l'ONU, chance de "limiter la casse" pour Rangoun
Source: AFP, 5 juin 2003 

Après l'effet désastreux qu'a eu dans le monde l'annonce d'une nouvelle arrestation de l'opposante Aung San Suu Kyi et d'une implacable répression contre son parti, la visite qu'entreprend vendredi l'émissaire de l'ONU Razali Ismail apparaît comme une chance de "limiter la casse" pour Rangoun. En dépit des événements, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, a maintenu cette visite, la junte aussi. Il va demander à Rangoun de voir Mme Suu Kyi, ainsi que tous les autres dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), assignés à résidence. Pour les analystes, Rangoun a une chance à saisir et au moins trois options sont possibles pour cette mission à haut risque. Si le gouvernement militaire autorise M. Razali à voir le prix Nobel de la paix, il peut montrer une volonté de s'amender en commençant par fournir un minimum d'informations et d'éclaircissements. Cette éventualité ne paraît possible que si Mme Suu Kyi n'a pas été sérieusement blessée. Si le gouvernement lui refuse une rencontre avec elle, M. Razali peut en faire une question de principe et reprendre immédiatement l'avion. L'image du régime birman, auquel l'arrestation de l'opposante a valu une avalanche de protestations internationales, sera encore plus dégradée. Enfin, si le gouvernement refuse sa requête et que M. Razali poursuit néanmoins sa visite, c'est la crédibilité de ce dernier, et partant de l'ONU, qui pourrait être sérieusement ébranlée. Devant les événements dramatiques du week-end dernier, et le manque
d'informations sur les affrontements qui ont fait, selon la junte quatre morts, mais de 70 à 80 selon une source informée, M. Razali, lui-même maintenu dans le brouillard le plus épais, aurait pu choisir d'annuler sa visite. Mais, à l'ONU mercredi, Kofi Annan a décidé de l'envoyer. Cette option, plus tactique, peut mettre les généraux au pied du mur. A condition que M. Razali soit très ferme. La visite de l'émissaire, prévue pour cinq jours, est sa 10è et plus importante mission à Rangoun. Elle avait été acceptée par la junte il y a plusieurs semaines, après quatre refus successifs. Un élément qui a probablement joué dans la décision d'envoyer le Malaisien à Rangoun, malgré tout. Jeudi, l'ONU "était toujours en train de chercher des éclaircissements" sur la possibilité d'une rencontre avec Aung San Suu Kyi, a expliqué M. Razali à l'AFP. Personne, hormis les renseignements militaires qui la détiennent dans un camp à 40 km de la capitale, n'a eu accès à Mme Suu Kyi, blessée lors des affrontements entre ses partisans et des éléments du régime. Les requêtes déposées par l'ONU comme par le Comité international de la Croix rouge (CICR) n'ont pas abouti. "Les gens ont besoin de savoir si elle a des hématomes ou si c'est plus grave", dit un homme d'affaires birman, "les pressions (internationales) ne cesseront pas tant qu'on ne saura rien de son état de santé". Des sénateurs américains et des organisations de défense des droits de l'homme ont appelé M. Razali à ne pas aller à Rangoun sans rencontrer Mme Suu Kyi, qu'il voit habituellement à chaque visite. "Je ne le vois pas venir ici et ne voir qu'un côté, il perdrait toute sa crédibilité", a estimé aussi un diplomate à Rangoun. Alors que les chances d'une rencontre semblaient minimes, l'homme d'affaires soulignait toutefois qu'"il est encore possible qu'il la voie" car "parfois
les militaires peuvent surprendre". Quelques analystes estimaient toutefois que M. Razali, même sans voir Suu  Kyi, devrait profiter de sa mission pour obtenir des éclaircissements sur les  intentions de la junte quant à l'ouverture d'un dialogue politique avec l'opposition et passer encore le message sur la nécessaire démocratisation. L'ONU "a pesé tous les arguments avant de prendre la décision de l'envoyer.  C'est bien malgré tout qu'il vienne, ça fait sept mois. Il est important qu'il plaide" auprès des généraux, estimait un diplomate.


L'émissaire de l'ONU n'a toujours pas pu voir Suu Kyi, mais garde espoir
Source: AFP, 7 juin 2003

L'envoyé spécial de l'ONU Razali Ismail n'avait toujours pas été autorisé à voir samedi, au deuxième jour de sa visite à Rangoun, l'opposante Aung San Suu Kyi, au secret depuis plus d'une semaine, mais ne désespérait pas de la rencontrer avant la fin de sa mission en Birmanie. M. Razali a eu un long entretien avec le numéro trois du régime militaire  birman et chef des renseignements militaires, le général Khin Nyunt. Il a déclaré qu'il n'avait pas encore été autorisé à rencontrer Aung San Suu  Kyi, mais qu'il espérait bien pouvoir le faire. "Je pense que le gouvernement peut être amené à m'autoriser à la voir" a déclaré M. Razali à la presse après l'entrevue, estimant que cela servirait plutôt la cause de la junte, qui s'est attirée une avalanche de condamnations internationales. "Razali ne part pas, il ne partira pas demain", a indiqué une source proche des efforts menés en vue du dialogue de "réconciliation nationale" en Birmanie depuis plus de deux ans, dans une allusion à l'éventualité qu'il écourte brutalement sa mission s'il n'obtenait pas l'autorisation de voir la lauréate du Prix Nobel de la paix. "Rien n'a encore été réglé (sur cette rencontre), mais nous pouvons encore garder espoir", a ajouté cette source, "nous allons voir comment les choses évoluent demain". La même source a estimé "plutôt encourageantes" les informations communiquées par les responsables gouvernementaux à M. Razali sur Mme Suu Kyi, que personne n'a vue depuis qu'elle a été blessée dans des heurts très violents entre ses sympathisants et des éléments pro-junte. La junte a eu du mal à convaincre en affirmant que Mme Suu Kyi n'avait pas été blessée le 30 mai, date depuis laquelle elle est détenue dans un camp militaire. L'opposante, selon une source informée, été blessée au visage et à l'épaule. Le convoi de Mme Suu Kyi qui effectuait une tournée politiuqe dans le nord  est apparemment tombé dans une embuscade, que le département d'Etat américain a estimée avoir été montée par "des voyous à la solde du gouvernement". Les affrontements, selon une source informée, ont fait un bilan probablement  "plus proche des 70 à 80 morts" que des quatre tués annoncés par la junte.  Samedi, la radio britannique BBC a affirmé que plus de 100 partisans d'Aung San  Suu Kyi sont morts "assaillis sans pitié" à coup de baton lors de ces heurts, dont la junte a fait porter l'entière responsabilité à Mme Suu Kyi et ses partisans qu'elle a accusé de "comportement antidémocratique". Outre sa demande de rencontrer Mme Suu Kyi et les autres dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) en résidence surveillée, et de les voir libérer, M. Razali doit tenter de faire comprendre aux représentants du régime très isolé de Birmanie quelle indignation ont suscitée ces événements dans la communauté internationale. La Birmanie s'expose à un alourdissement des sanctions occidentales qui la pénalisent depuis les années 90. Sans attendre la conclusion de la visite de M. Razali, les Etats-Unis ont allongé vendredi la liste des dirigeants du régime birman soumis à des restrictions de visa et envisagé de prendre très bientôt de nouvelles sanctions si Mme Suu Kyi n'est pas libérée. Dans un message peu rassurant, le général Khin Nyunt, cité par la presse officielle samedi, a dénoncé Aung San Suu Kyi et la Ligue, fustigeant "la ligne de confrontation adoptée récemment par la LND qui a provoqué des incidents fâcheux ayant entraîné une grande perte pour l'Etat". M. Razali effectue sa 10e mission à Rangoun et celle-ci doit durer, sauf imprévu, jusqu'au 10 juin.  Le diplomate malaisien a été largement crédité de l'ouverture de discussions historiques entre Mme Suu Kyi et la junte en vue d'une "réconciliation  nationale" fin 2000. Même si ces discussions patinaient depuis des mois et que le  processus politique semble être reparti en arrière avec les événements du 20 mai.


L'envoyé de l'ONU fait état de "discussions encourageantes" avec la junte
Source: AFP, 9 juin 2003    

Pour la première fois depuis son arrivée à Rangoun  vendredi, l'envoyé spécial de l'ONU Razali Ismail, qui cherche à rencontrer l'opposante emprisonnée Aung San Suu Kyi, a fait état de discussions "encourageantes" lundi avec de hauts responsables de la junte birmane. "Je suis encouragé par ma rencontre avec le vice-généralissime Maung Aye en présence du premier secrétaire", le général Khin Nyunt, a déclaré M. Razali  après s'être entretenu en matinée avec les numéros deux et trois du régime  militaire. "J'espère que je vais être en mesure de remplir un ou deux objectifs de ma visite", a dit M. Razali à la presse. Le représentant spécial du secrétaire général Kofi Annan avait pour mandat
essentiel de rencontrer l'opposante que personne -- hormis les renseignements militaires qui la détiennent -- n'a vue depuis de violents affrontements le 30 mai entre ses sympathisants et ceux de la junte, et de demander sa libération immédiate. "C'est tout ce que je vais dire. Je ne pars pas aujourd'hui", a ajouté M. Razali, dont le programme a visiblement été chamboulé, et très chargé, lundi matin. Des sources proches de l'émissaire avaient laissé entendre qu'il écourterait  sa visite s'il n'obtenait pas satisfaction sur une rencontre avec l'opposante, qu'il connaît bien pour avoir effectué déjà neuf missions en Birmanie et joué le rôle de "facilitateur de dialogue" entre celle-ci et les généraux. Mme Suu Kyi est détenue dans un camp militaire à 40 km de Rangoun et a été blessée au visage et à l'épaule sans que ses jours ne soient en danger, selon une source informée. Le régime militaire a démenti qu'elle ait été blessée et n'a jamais indiqué où elle se trouvait. M. Razali est à Rangoun depuis vendredi où il a tenté inlassablement  d'obtenir le feu vert à une rencontre avec la lauréate du prix Nobel de la paix 1991. L'entretien de M. Razali avec le général Maung Aye, vice-président du SPDC  (Conseil d'Etat pour la paix et le développement) au pouvoir à Rangoun, n'a duré  que dix minutes lundi matin, selon de bonnes sources. Vendredi, M. Razali avait déjà eu des discussions avec le numéro trois du régime, le général Khin Nyunt, qui n'avaient rien donné. Le numéro un, le généralissime Than Shwe, considéré de plus en plus comme le
haut responsable détenant réellement le pouvoir décisionnel à Rangoun, était en déplacement en province. Un déplacement qui ne devait rien au hasard, pour certains analystes. Les heurts très violents survenus dans le nord du pays auraient fait des  dizaines de morts, mais seulement quatre selon la junte, qui en a attribué l'entière responsabilité à l'opposition et à son comportement "antidémocratique". Mais les témoignages recueillis par la dissidence en exil se sont multipliés ces derniers jours et concordaient sur une embuscade montée par des éléments pro-junte contre le convoi de Mme Suu Kyi, qui effectuait une tournée politique dans le Nord avec les sympathisants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Des diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Rangoun qui se sont rendus sur les lieux la semaine dernière ont conclu eux aussi à une "embuscade" montée par "des voyous à la solde du gouvernement". La ré-arrestation de Mme Suu Kyi, libre depuis seulement un an après la deuxième période d'assignation à résidence de sa vie, a provoqué l'indignation dans de nombreux pays, d'où ont été lancés des appels à sa libération immédiate ainsi qu'à celle des autres dirigeants de la LND. Les autres membres dirigeants du principal parti d'opposition ont tous été placés en résidence surveillée à Rangoun. Sauf son vice-président Tin Oo, 76 ans, que la rumeur avait donné pour mort, et qui était, selon la junte, détenu dans une prison de la région de Sagaing, proche du théâtre des violences du 30 mai.


Aung San Suu Kyi "va bien" et n'a pas été blessée, affirme l'émissaire de l'ONU
Source: AFP, 10 juin 2003 

 Aung San Suu Kyi "va bien" et n'a pas été blessée, a assuré mardi l'envoyé spécial de l'ONU Razali Ismail, autorisé quelques heures seulement avant la fin de sa mission à Rangoun à rencontrer l'opposante birmane maintenue au secret depuis la fin mai. Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan est la première personne à voir Mme Suu Kyi depuis qu'elle a été arrêtée le 30 mai lors d'affrontements violents entre ses sympathisants et des éléments pro-régime dans le nord de la Birmanie où elle effectuait une tournée politique.
"Je peux vous assurer qu'elle va bien et a bon moral", a déclaré M. Razali à la presse à l'aéroport avant de quitter Rangoun. A la question de savoir si Mme Suu Kyi avait été blessée, il a simplement répondu: "Non, non, pas de
blessures". La junte avait démenti des informations selon lesquelles Mme Suu Kyi avait  été blessée lors de ces violences survenues après une "embuscade" de "voyous à  la solde du gouvernement" birman, selon le département d'Etat américain. M. Razali a obtenu à l'arraché l'autorisation de voir Mme Suu Kyi quelques  heures seulement avant de quitter la Birmanie à l'issue d'une visite de cinq  jours lors de laquelle il a multiplié les entretiens avec les responsables du gouvernement militaire. Sa rencontre lundi avec le numéro deux de la junte, le général Maung Aye,  semble avoir été déterminante alors que la pression de la communauté  internationale s'accentuait sur Rangoun. M. Razali a passé une demi-heure avec Mme Suu Kyi dans des locaux du  gouvernement de la capitale. "Nous avons eu une bonne discussion", a-t-il déclaré. "J'ai entendu diverses informations sur les incidents (du 30 mai). Elle a sa version et j'en ai pris note", a-t-il dit. Les violences ont officiellement fait quatre morts. Mais des sources de la dissidence se fondant sur de multiples témoignages visuels ont fait état d'au
moins 70 morts. M. Razali pourrait être tenu à une certaine réserve après la rencontre avec  Mme Suu Kyi, obtenue avec tant de difficultés et ne pas dire tout ce qu'il sait désormais, ont souligné des diplomates. Il n'a par exemple pas pu dévoiler l'endroit où il avait été amené à  rencontrer l'opposante, indiquant simplement que ce n'était pas à la résidence de Mme  Suu Kyi, où celle-ci a effectué deux longues périodes d'assignation par le passé. Lors d'une escale à Singapour sur le chemin de Kuala Lumpur, il a de nouveau  réclamé la libération de Mme Suu Kyi et des autres opposants et pressé la  junte et le mouvement démocratique de reprendre le dialogue. Les deux camps doivent "se rendre compte des dangers potentiels" d'un échec du processus de réconciliation, a-t-il dit. Il s'est refusé à toute déclaration sur le bilan controversé des récentes violences politiques. Le diplomate malaisien avait obtenu de pouvoir rencontrer Mme Suu Kyi au  lendemain d'un appel lancé par Washington et de menaces renouvelées d'un  durcissement des sanctions américaines contre la Birmanie. M. Razali a ajouté que les responsables birmans lui avaient donné "des assurances très fermes et claires" de leur intention de libèrer l'opposante. Mais, a-t-il ajouté, "ils devraient faire quelque chose maintenant pour montrer qu'ils sont sérieux sur leur volonté d'avoir des discussions avec elle".


L'émissaire de l'ONU a obtenu de Rangoun le strict minimum
Source: AFP, 10 juin 2003 

L'émissaire de l'ONU Razali Ismail n'est pas reparti  les mains vides de Rangoun mardi puisqu'il a pu voir à la dernière minute l'opposante Aung San Suu Kyi, mais il a obtenu le strict minimum du gouvernement militaire. Si M. Razali, première personne à voir Mme Suu Kyi détenue au secret depuis le 30 mai, a fourni les seules informations indépendantes rassurantes sur l'état de santé du prix Nobel de la paix, les diplomates joints à Rangoun se gardaient bien de tout optimisme à l'issue de la visite de l'envoyé spécial de Kofi Annan.M. Razali a mis près de cinq jours à avoir le feu vert de Rangoun à une rencontre avec Mme Suu Kyi --qu'il voit en temps normal à chacune de ses visites en Birmanie-- et à l'arraché, moins de quatre heures avant son départ. Le représentant de l'ONU a évité de justesse un fiasco total face à une junte
arc-boutée sur son refus et généralement peu sensible à l'opinion internationale."C'est un geste qu'ils ont fait malgré tout, et vu les circonstances on ne pouvait pas espérer trop", jugeait un diplomate ajoutant que le bilan de la visite de l'émissaire est "très limité". Selon une source proche de M. Razali, celui-ci a essuyé un refus de voir Mme Suu Kyi dès son arrivée et il y a eu "de grandes discussions internes" à ce
sujet. M. Razali a apparemment pu obtenir cette concession de dernière minute en insistant sur la condamnation de la communauté internationale et l'imminence d'un durcissement des sanctions contre la Birmanie à un moment où Washington multiplie les avertissements. Toute la mission de M. Razali en Birmanie --la 10e, et la plus difficile-- a donc été focalisée sur la seule question de savoir si oui ou non il pourrait voir Mme Suu Kyi. Une question certes importante au vu des informations inquiétantes circulant sur sa santé, mais qui a laissé de côté d'autres questions majeures telles le sort de tous les autres dirigeants de son parti en résidence surveillée et l'avenir du processus politique birman qui était déjà dans une mauvaise passe avant ces événements. "La voir c'était le premier objectif, on a été rassurés sur la santé et  l'état d'esprit de Mme Suu Kyi, mais il y a tout le reste, la libération des autres, le redémarrage du processus politique, on est loin du compte", déclarait un  analyste à Rangoun. Les autres membres de la direction du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue  nationale pour la démocratie (LND), ont été placés en résidence surveillée à Rangoun, le vice-président de la Ligue, Tin Oo est, selon la junte emprisonné dans le Nord. Une chappe de plomb s'est donc de nouveau abattue sur le principal parti d'opposition, qui tentait laborieusement de parler avec la junte d'une  "réconciliation nationale" depuis la fin 2000, grâce aux bons offices de M. Razali. Toutes les permanences du parti ont été fermées dans le pays à la suite des affrontements entre des sympathisants de Mme Suu Kyi et des élements pro-junte  le 30 mai, dans le nord du pays. M. Razali n'a pas pu obtenir à Rangoun la libération de Mme Suu Kyi, ni celle de ses lieutenants. "Les événements montrent clairement que (le général) Than Shwe (le numéro un de la junte) n'a que du mépris pour l'ONU et la communauté internationale", explique Debbie Stothard, responsable au groupe de défense des droits de l'Homme Altsean-Burma. "C'est bien qu'ils lui aient donné un accès" à Mme Suu Kyi, dit de son côté
un diplomate, "mais quel geste en vue de la réconciliation nationale ont-ils fait? Ils ont arrêté Suu Kyi, tabassé ses sympathisants et les ont jetés en prison".Avant son départ, M. Razali a déclaré qu'il "voudrait revenir dès que possible". "D'ici là j'espère que (Aung San Suu Kyi) aura été libérée, les autres aussi, qu'on pourra partir d'un bon pied et accélérer le processus de réconciliation nationale".Encore faudra-t-il que les généraux acceptent qu'il retourne à Rangoun. "Je voudrais revenir dès que possible. D'ici là j'espère qu'elle aura été libérée, les autres aussi, qu'on pourra partir d'un bon pied et accélérer le processus de réconciliation nationale", avait-il dit à Rangoon. "Dans une certaine mesure, cette visite dissipe l'atmosphère pessimiste, mais il va falloir voir ce qui se passe après tout cela", a estimé, prudent, un diplomate. Les autres membres de la direction du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont été placés en résidence surveillée, toutes les
permanences du parti dans le pays fermées et de nombreux sympathisants qui accompagnaient Mme Suu Kyi --un chiffre d'une centaine a été évoqué-- n'ont pas réapparu depuis le 30 mai.



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