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La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 19, 5 fevrier 2003
Aprés l'article de la semaine dernière sur le sort des réfugiés Birmans en
Thailande, nous publions cette semaine et la semaine
prochaine un point sur la situation à l'ouest du pays. Nous remercions l'ONG
Forum Asia qui a bien voulu mettre ce texte à notre
disposition.
Situation sur la frontière entre la Birmanie et le
Forum
1) A l'intérieur de la Birmanie - Etat Arakan
Depuis un an, la situation a continué à se dégrader en Arakan. Les conséquences
des attentats du 11 septembre 2001 et de la campagne anti-terroriste engagée au
niveau mondial ont été très lourdes pour les communautés musulmane de Birmanie,
et sur la minorité Rohingya du Nord de l'Arakan en particulier. Le premier août
2002, le SPDC signait la déclaration commune Etats-Unis/ASEAN de coopération
dans la lutte internationale contre le terrorisme. Le nettoyage ethnique que subit la minorité Rohingya semble avoir
récemment été consacré comme étant une "lutte contre le terrorisme".
De nouvelles politiques sont mises sur pied par le régime militaire pour
consolider la frontière avec le Bangladesh, officiellement pour protéger le
pays d'une éventuelle infiltration de militants islamistes et pour contrôler
les activités et les mouvements de Rohingya en Arakan. Les premières
conséquences directes de cette politique ont été le renforcement des forces
armées dans la région et la construction de nouveaux
"villages modèles". Dans les deux cas, le
travail forcé a augmenté, et les confiscations de terres se sont accélérées.
Renforcement militaire et expansion
La présence des camps déjà existant de l'armée et de la NaSaKa (la police aux
frontières) est devenue, du fait du comportement des soldats eux-mêmes, une
véritable plaie pour les villageois. De plus la dernière mode semble être à
l'établissement de nouvelles bases de ces deux corps, pour lesquelles les
villageois doivent non seulement fournir du travail, mais aussi des matériaux
de construction, alors même que la saison des pluies est en cours, et qu'ils
sont occupés par les travaux des champs. Les femmes elles aussi sont
réquisitionnées, ce qui est inhabituel dans la
communauté Rohingya.
Mise en place de la politique des "Villages Modèles"
La conséquence visible de la visite du Général Khin Nyunt dans le nord de
l'Arakan à la fin de l'année dernière a été la création de nouveaux
"Villages modèles" pour déplacer des bouddhistes et les installer
dans les zones musulmanes. Le but de ces déplacements de population est visiblement de mieux contrôler la zone frontalière.
Cette politique n'est pas nouvelle - il y a déjà 26
villages de ce type dans la partie musulmane de l'Arakan, composés d'à peu prés
100 maisons chacun - mais les installations avaient diminué depuis quelques
années. Depuis mai 2002, la " colonisation "
à repris, et des témoignages citant des lieux de construction nous parviennent
régulièrement.
A ce jour, nous avons réuni des preuves importantes
que deux villages de 50 maisons chacun ont été construits pendant l'été 2002,
en faisant appel à un travail forcé intensif des Rohingya locaux. L'un de ces villages a été construit pour réhabiliter plus de 220 membres
(et leurs familles) d'une faction rebelle, l'Arakan Army, qui se sont rendus à
la junte en avril 2002. L'autre, tout proche de la frontière avec le
Bangladesh, a été lui aussi construit par des travailleurs forcés, et des familles y ont été installées. Parmi elles, 13
familles de Birmans déplacés de la plaine centrale, et, apparemment, des Kachin
issus d'un autre groupe ayant signé un cessez-le-feu, peut-être pour les
utiliser comme force paramilitaire de surveillance de la frontière. En plus du
travail forcé, la construction de ces villages à entraîné la confiscation des
terres et a exacerbé les tensions entre les
communautés.
Racket
Des villageois se sont également plaints d'une augmentation significative du
racket et des taxes illégales. La tactique consistant
à arrêter des gens pour des fais mineurs tels que la
présence, de nuit, dans la rue, et de leurs demander ensuite de l'argent pour
les libérer semble être devenue une pratique courante.
Atteintes à la liberté de circulation
Les restrictions de mouvement des Rohingya qui
s'étaient aggravées en février 2001 sont restées en place
. Ils ne peuvent par exemple toujours pas
obtenir d' autorisation de deplacement pour se rendre à Sittwe, la principale
ville de l'Arakan.
Expropriations
Le nouveau commandant de zone du nord de l'Arakan, en poste depuis le mois
d'avril a mis en place une politique foncière très stricte, menant notamment à un certain nombre d'expropriations. A cause de
l'augmentation de la population, certaines familles se sont installées sur des
terres répertoriées comme rizières il y a plusieurs
dizaines d'années. Elles ont été récemment reçus des avis d'expulsion et été forcées de détruire leur maison. De la même façon,
certaines fermes à crevettes ont été détruites, car construites sur des zones
répertoriées pour d'autres usages.
Crise économique
La Birmanie a fait face à un important manque de riz
pendant l'automne, particulièrement dans le nord de l'Arakan. Cette région,
déjà touchée par une pénurie alimentaire, souffre d'autant plus que les
importations en provenance du reste du pays y sont interdites. Le prix du riz a explosé ces derniers mois, mettant des familles
vulnérables dans une situation difficile, et augmentant encore le flux de
migrants vers le
Ailleurs en Arakan
Le travail forcé a également augmenté dans les autres
régions de l'Arakan. Il concerne des villageois
Arakanais bouddhistes. Les habitants des villages
longeant la route Sittwe-Rangoun ont été particulièrement sollicités pour la
réparer, et pour construire des écoles. De leur coté, les habitants de Sittwe
ont été forcés à construire des trottoirs et à creuser
des fossés devant leurs maisons.
2) Sur la frontière
A l'heure actuelle, 21 500 réfugiés Birmans se
partagent entre deux camps au
Rapatriement forcé
Un total de 253 personnes ont été rapatriées en
Birmanie en octobre, alors qu'elles avaient été 324 entre janvier et septembre.
Dans le même temps, des manœuvres de rapatriement de force ont été signalées
dans les camps. Le
Un exode beaucoup plus important en dehors
des camps
Pendant la saison des pluies, le flux de réfugiés a augmenté considérablement.
Des sources officielles reconnaissent que 4 000 nouveaux arrivants se sont
installés dans la seule ville de Teknaf. Nos enquêteurs ont visité plusieurs
points de passages à la frontière et ont confirmé
l'accélération de l'exode, du à l'explosion du prix du riz combiné au travail
forcé et au sous emploi qui a mené tant de famille à la famine. Certains se
sont installé prés de Teknaf, d'autres se sont installé illégalement dans les
camps et il apparaît que nombreux sont ceux qui sont
allé au nord de Cox'Bazar, là où la répression se fait moins sentir.
Expulsions à Teknaf
Le 9 novembre, la police locale a expulsé les clandestins (des Rohingya) de
Teknaf et arrêté les propriétaires qui leur louaient
un logement. Des centaines de Rohingya furent expulsés de leurs maisons et ont été vus sur la route avec le peu qu'ils possèdent.
Entre 3 000 et 4 000 d'entre eux se sont réunis dans
un champs et y campent depuis lors. Il y a parmi eux
beaucoup d'enfants, mal nourris, et qui vivent sous des abris de fortune faits
de toiles en plastique partagées par deux ou trois familles. Les conditions de
survie dans ce
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