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La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 16, 15 janvier 2003
SOMMAIRE
Edito
SIDA: la Birmanie menacée de catastrophe
Les activistes pro-démocratie, menacés d'être arrêtés et
déportés.
Charlie Hebdo et la Birmanie (suite)
Edito
Nous avons publié la semaine dernière de la déclaration d’Aung San Suu Kyi pour
l’anniversaire de l’indépendance de la Birmanie, le 4 janvier 1948. Elle y
exhortait la population à conserver son esprit d’indépendance, justement, comme
ce qu’elle avait de plus précieux. Elle y remerciait
également la jeunesse pour le soutien qu’elle lui a apporté lors de ses récents
déplacements à l’intérieur du pays, assurant que celle-ci lui avait donné " du courage et de l’espoir pour l’avenir du pays
". Elle appelait enfin à ce qu’on lui
accordât (à la jeunesse, donc) plus de considération, " afin qu’elle
puisse participer plus largement au devenir du pays ". On ne sera pas
surpris de constater qu’au même moment les militaires au pouvoir en appelaient
au " devoir de préserver le patriotisme " des nouvelles générations,
ce qui, comme la suite du discours devait le confirmer, signifie conserver la
situation politique en l’état. En effet, nulle mention n’a été faite d’une
éventuelle transition démocratique, ni du dialogue entamé
avec Aung San Suu Kyi, ni du prix Nobel de la paix elle-même. On pourrait
philosopher à l’infini sur cette indépendance conquise par l’armée dirigée par
le Général Aung San, et sur le fait qu’aussi bien les
militaires au pouvoir que l’opposition démocratique emmenée par la propre fille
d’Aung San s’en revendiquent. Mais on ne peut que voir que les deux camps qui
partagent cet héritage n’ont guère que lui en commun.
La démocratie birmane, née du combat des trente camarades, et
de leur chef, Aung San, a connu des débuts prometteurs. De 1948 à 1962, le pays
connut un réel développement, qui devait être stoppé
net par l’arrivée au pouvoir des militaires, suite au coup d’Etat du 2 mars
1962. La Birmanie est aujourd’hui dans une situation
catastrophique, aussi bien sur le plan des droits Humains, que sur celui de la
situation humanitaire et écologique.
Le rapport annuel de l’ONG Human Rights Watch, publié le mardi 14 janvier,
vient de le répéter une nouvelle fois. D’après ce
rapport, la population Birmane subit des atteintes continuelles à ses droits
fondamentaux, civils et politiques, les minorités ethniques étant
particulièrement touchées (on le voit, les dénonciations perpétuelles de la
junte ont une
La situation humanitaire est au moins aussi grave. On
sait que les taux de sida en Birmanie dépassent de loin ceux généralement
constatés dans la région, et se rapprochent plus de
ceux de certains pays africains (il semble cependant que la Chine et la
Thaïlande tendent à partager ce triste privilège). Cette proximité avec
l’Afrique se retrouve aussi dans les chiffres de la mortalité infantile, où
seuls l’Irak, l’Afghanistan, le Cambodge et la Birmanie partagent le triste
honneur de beaucoup de pays africains de dépasser les 120 décès d’enfants de
moins de 5 ans pour mille naissances. La Birmanie fait également partie des pays
où le paludisme et la malaria sont le plus répandus. Sans parler de l’explosion de la prostitution ou du nombre
d’avortements. Nous publions ici un article
qui, s’il est daté (2000), fait un point clair sur la pandémie de sida en
Birmanie.
SIDA: la Birmanie menacée de catastrophe
Source : AFP, 16 novembre 2000
La Birmanie sera le prochain pays d'Asie à subir une épidémie dévastatrice de
VIH/SIDA si la junte militaire au pouvoir continue d'ignorer l'ampleur du
problème, avertissent les experts occidentaux. L'état actuel de la pandémie en
Birmanie, alimentée par de l'héroïne bon marché et une
prostitution en plein essor, est l'objet de polémiques virulentes entre les
autorités de Rangoun et les organisations internationales. La querelle autour
des chiffres est à cet égard significative. Le
gouvernement s'en tient à 40.000 séropositifs depuis 1985, alors que l'ONU cite
un bilan au moins dix fois plus élevé. Frank Smithuis,
de Médecins Sans Frontières-Hollande, basé à Rangoun depuis plus de six ans,
parle prudemment d'un "chiffre situé quelque part entre 200.000 et un
million". L'ONUSIDA à
A titre de comparaison, l'Inde voisine compte près de 5 millions de patients,
la Thaïlande 1 million, le Cambodge 170.000 (sur une population de 12 millions)
et le Vietnam 100.000 (pour 80 millions). Pour le vice-ministre de la Santé,
Mya Oo, les chiffres de Birmanie sont délibérément exagérés par les
"éléments réactionnaires" opposés au régime, et les pays occidentaux
qui les soutiennent, pour des "raisons politiques". M. Mya Oo accuse
les organisations internationales
d'"extrapoler" à partir de poches spécifiques, là où l'on se drogue
et se prostitue le plus, le long de la frontière thaïlandaise et à Rangoun et
En outre, déplore la junte, les sanctions des pays occidentaux --qui punissent
les violations des droits de l'homme-- aggravent le sous-développement du pays,
un des plus pauvres de la planète, même si en principe elles n'affectent pas
l'aide humanitaire. La junte ne décolère pas depuis que l'Organisation Mondiale
de la Santé (OMS) a placé "injustement" la Birmanie à l'avant-dernier
rang (190ème) dans son classement par pays des meilleurs soins de santé dans le
monde. "On nous insulte", se fâche le
vice-ministre. Au delà de la controverse, "le
plus préoccupant est que les chiffres sont élevés, qu'ils augmentent, et que
personne (au gouvernement) ne fait grand-chose", estime le médecin
néerlandais à Rangoun. "De tous les pays d'Asie du Sud-Est, la
Birmanie est celui qui agit le moins pour répondre au
VIH," accuse Chris Beyrer, directeur du programme d'éducation anti-SIDA de
l'institution américaine Johns Hopkins. Outre les junkies et les prostituées,
les groupes les plus exposés sont les soldats et leurs compagnes, les ouvriers
des mines de rubis, de saphir et de jade, dans le nord --dont on dit qu'ils se
piquent avant de travailler--, les camionneurs, les marins et autres migrants.
Les experts occidentaux s'accordent néanmoins à détecter un
récent changement d'attitude "encourageant" des autorités à l'égard
du SIDA --"quelques signes positifs". Les autorités ont ainsi mis en
place 22 "sites sentinelles" dans les régions sensibles afin de
surveiller la propagation de l'épidémie, qui est au
troisième rang des priorités médicales du pays (derrière le paludisme et la
tuberculose). "Il y a une tendance positive, mais il
faut aller beaucoup plus vite", plaide M. Smithuis. "Ils (les généraux) ont conscience qu'il y a un problème mais
ils ne veulent pas que le reste du monde le sache".
La dirigeante de l'opposition démocratique, Aung San Suu Kyi, a appelé elle
même à ouvrir un débat public sur la montée du SIDA
et, de fait, la menace grandissante et la nécessité de la combattre pourraient
être l'un des rarissimes sujets de consensus en Birmanie.
Les activistes pro-démocratie, menacés d'être arrêtés et
déportés.
Source :
Les actvistes pro-démocratie (birmans et des minorités ethniques) qui se
réfugient en Thaïlande, sont menacés d'être arrêtés et déportés dans la
Birmanie militarisée. La 9ème division de l'armée thaïlandaise a ordonné à tous
les activistes pro-démocratie de Sangkhla Buri de quitter la Thaïlande en dépit
du fait qu'il est probable que les activistes soient
persécutés s'ils sont repoussés vers la Birmanie. Vendredi, six membres d'un
groupe estudientin issue d'une des minorités ethniques ont été arrêtés et
envoyés de l'autre côté de la frontière thaïlando-birmane.On aurait dit aux
membres de la MAPO (Mon Youth Progressive Organization) que "la frontière
serait désormais, et de façon permanente, fermée pour tous les groupes
anti-SPDC". Vendredi, le Commandant de la 9ème Division dirigeait un groupe
de soldats qui a transmis des ordres à différents organismes qui travaillent
pour les droits de l'Homme et la démocratie en Birmanie (ABSDF/Mon
Youth/MYPO/PDF) basés sur la frontière thaïlando-birmane. Les ordres sont, pour
les membres de ces organismes et leurs familles, de
quitter la Thaïlande sous deux jours sans quoi ils risquent d'être arrêtés et
déportés. On a demandé aux activistes pro-démocratie s'ils
préféraient "aller dans une prison birmane ou dans une prison
thaïlandaise".
Toutes ces personnes seront persécutées par le SPDC si
l'armée thaïlandaise les repousse en Birmanie. Après l'incident de
Sarykhla Buri, FORUM-ASIA craind de nouvelles mesures de repression envers les
activistes pro-démocratie et les groupes de minorités ethniques à Bangkok,
Chiang Mai, Chiang Rai, Mae Hong Son and Tak.
Charlie Hebdo et la Birmanie (suite)
L'hebdomadaire publie cette semaine la suite de l'article de Frederic Laudet
intitulé "Blanchiment de fossiles en Birmanie".
Rappel des faits:
"En fevrier 1997, le Général Khin Nyunt, chef des renseignements, ordonne
le ratissage des fossiles de la formation géologique de Pondaung, célèbre pour
avoir livré par le passé des restes de singes agés de 40 millions
d'années".
" Khin Nyunt dévoile alors les raisons d'un tel engouement pour la
paléontologie: dans un discours, il déclare qu'il posséde désormais les preuves
que l'humanité et la civilisation ont leurs
Extraits:
" A ce jour, seul un anthropologue anglais
spécialiste de la question Birmane dénonce la symbiose entre les scientifiques
et le programme politique de l’une des pires dictatures. Mais alimenter une
idéologie raciste, un révisionnisme paléontologique et
archéologique, de même que cautionner une parodie d’Université, ne pèse
apparemment pas lourd quand on aligne les publications et que les crédits
affluent. Au vu des pratiques locales, tel le travail forcé (cf. Total et son gazoduc), on peut aussi s’interroger sur la
motivation des civils qui ont parfois ramassé les fossiles en compagnie des
soldats et des scientifiques. De même, faut-il préciser que les militaires et
leur logistique tant appréciée sont en partie financés par le trafic de drogue ? "
" Et désormais, face à une communauté
internationale presque unanime quand il s’agit de sanctionner la junte, les
généraux en quête des respectabilité peuvent prétendre qu’il aident à déterrer
les origines de l’homme pour faire oublier qu’ils en enterrent constamment les
droits ".
" La complaisance universitaire n’est pas générale. En
décembre 1998, l’Université Catholique de Louvain (UCL) nomme docteur honoris
causa le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, la plus fervente opposante des
généraux. Et quand, au même moment, François
Cornélis, président de son conseil d’administration, est nommé vice-président
de Total (déjà célèbre pour ses exploits en Birmanie), 150 chercheurs lui
réclament des mesures concrètes en faveur du peuple birman. Arguant de sa méconnaissance du dossier, Cornélis joue la montre, mais
les universitaires maintiennent la pression durant plus d’un an et l’accusent
de complicité passive avec la junte. En février 2000, Cornélis finit donc par
bouger…En démissionnant du conseil d’administration de l’UCL sous le prétexte
d’activités pétrolières trop
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