Birmanie>Net Hebdo - La lettre d'information
hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 10,
SOMMAIRE
Suu Kyi en pays Shan
Héroïne birmane
Journalistes emprisonnés
Le rapporteur spécial rend compte à l’ONU
Suu Kyi en pays Shan
Source : The Irrawaddy, 19 novembre 2002
Aung San Suu Kyi s’est rendue, pour sa quatrième sortie hors de Rangoun, en
pays Shan. Elle est arrivée à Tachilek, prés de la frontière Thaï, mercredi 13
novembre, après son entrevue avec Razali Ismael, l’envoyé spécial onusien. Elle
commençait alors une visite de neuf jours dans cet
Etat, au cours de laquelle elle devait se rendre notamment à Aungpan, Taunggyi,
Lashio et Nam San pour rencontrer la population et assister à la réouverture de
bureaux de la NLD. Comme à chacune de ses sorties, son
arrivée dans les villes visitées est triomphale. Il est à noter qu’elle a pu
utiliser l’avion pour son déplacement, pour la première fois depuis 14 ans.
Elle est accompagnée de militaires dont on imagine que la présence sert autant
à la protéger qu’à la contrôler. Comme pour rappeler qu’on ne fait toujours pas
de la politique impunément en Birmanie, elle demeure à Tachilek chez U Sai
Phat, un membre de la NLD mort en détention le mois
dernier. C’est la première fois qu’Aung San Suu Kyi se rend dans cet Etat depuis sa libération en mai dernier. Elle est en revanche allée dans l’Etat Mon et à
Héroïne birmane
Source : Far Eastern Economic Review, 13 novembre 2002
L’héroïne birmane fait en retour en force sur ses deux marchés principaux,
l’Australie et la Chine. Les forces de police de
En 2000, les policiers Australiens ont saisi plus de
200 kg d’héroïne birmane. La recrudescence à laquelle ils assistent
aujourd’hui n’a d’après eux pas eu d’équivalents ces dernières années, d’autant
que cette héroïne se vend à des prix considérés comme très bas.. Dans le même temps, les policiers de la province chinoise
du Yunnan ont fait part le 8 novembre de la plus grosse saisie d’héroïne
réalisée à ce jour, 672 kg de poudre en provenance de Birmanie.
Journalistes emprisonnés
Reporters sans frontières : Une opération coup de
poing en hommage aux 110 journalistes actuellement emprisonnés.
Le jeudi 14 novembre 2002, Reporters sans frontières propose un
hommage aux journalistes emprisonnés et a invité, aujourd'hui, à la veille de
l'événement, les médias parrains à se mobiliser en faveur de leur filleul en
participant à une opération dans
Plusieurs véhicules se sont présentés tout d'abord devant l'ambassade de
Birmanie pour réclamer des nouvelles des journalistes emprisonnés, notamment U
Win Tin dans ce pays, dirigé de main de fer par la
junte militaire. Le convoi a ensuite rejoint
l'ambassade du
De là, les véhicules se sont dirigés vers l'ambassade de Chine, avenue George V
à
Était ensuite visée l'ambassade de Cuba à Paris, désignée comme la "
Prison de Bernardo Arévalo Padrón ", à la veille du Sommet
ibéro-américain, les 15 et 16 novembre. Le journaliste purge une peine de six
ans de prison pour avoir accusé le président Fidel Castro de ne pas respecter
ses engagements concernant les droits de l'homme, pris lors du Sommet de 1996.
Puis les cinq véhicules se sont dirigés vers l'ambassade de Russie, boulevard
Lannes, pour y réclamer la libération de Grigory Pasko, emprisonné pour avoir
dénoncé le déversement par l'armée russe de déchets radioactifs dans la mer du
Japon.
A chaque étape, les militants de Reporters sans frontières ont changé les
plaques de rue pour les rebaptiser du nom des journalistes emprisonnés avant de
taguer, à l'aide de pochoirs, au seuil de l'immeuble visé, la phrase : "
Passé cette frontière, vous entrez dans un pays qui censure l'information
".
Les journalistes parrains ont assisté à cette opération de solidarité envers
leur filleul et ont reçu la carte de presse du
journaliste qu'ils soutiennent pour la glisser à côté de la leur et ne pas
oublier que certains ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail.
L'opération, qui rassemblait 15 membres de Reporters sans frontières et 20
journalistes, de la presse nationale et étrangère, était organisée dans
l'objectif de sensibiliser le grand public, via les médias à la liberté de la
presse et réaffirmer qu'elle est l'affaire de tous.
Vous pouvez retrouver des informations sur les cinq pays dénoncés aujourd'hui
sur le site Internet de l'association et inviter le public à signer des
pétitions pour demander la libération des journalistes emprisonnés pour avoir
fait leur métier : www.rsf.org
Le rapporteur spécial rend compte à l’ONU
Troisième Commission AG/SHC/601
37e séance -
matin 6
novembre 2002
La Troisième Commission a entendu ce matin les Rapporteurs spéciaux sur la
situation des droits de l'homme au Myanmar et au Soudan.
M. Paulo Sergio Pinheiro, Rapporteur spécial sur la situation des droits de
l'homme au Myanmar, a rendu compte de sa dernière visite au Myanmar, du 17 au
28 octobre 2002. Les processus de politique ne sont pas
des processus linéaires, a fait remarquer le Rapporteur spécial.
Il a évoqué la libération de prisonniers politiques au Myanmar et a déclaré que
bien que ce mouvement n'en soit qu'à ses prémices, 836 prisonniers politiques
ont déjà été libérés depuis janvier 2001 et depuis la libération le 6 mai 2002
de Mme Daw Aung San Suu Kyi, 155 prisonniers politiques ont été élargis.
M. Pinheiro a indiqué que des indices permettaient de penser que les mauvais
traitements ne sont plus systématiques à l'encontre des détenus. Il a ajouté que la libération de Mme Daw Aung San Suu Kyi
est un événement historique et que les relations entre le pouvoir et la Ligue
nationale pour la démocratie (LND) se sont beaucoup améliorées.
Cependant, le Rapporteur spécial sur le
Au cours de la discussion, des délégations ont fait part de
leurs préoccupations devant ces allégations de viols.
La Troisième Commission poursuivra ses travaux cet après-midi, à 15 heures, et
entendra le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au
Burundi ainsi qu'une déclaration qui sera faite au nom du Rapporteur spécial
sur la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo.
Déclaration liminaire
M. PAULO SERGIO PINHEIRO, Rapporteur spécial sur la situation des droits de
l'homme au Myanmar, a fait un compte rendu de sa dernière visite au Myanmar, du
17 au 28 octobre 2002. Il a indiqué avoir
bénéficié une nouvelle fois de l'entière coopération des autorités du
Cependant, a observé le Rapporteur spécial, les arrestations ont continué en
2002, et certains prévenus ont été maltraités au cours
des interrogatoires. Leur crime était d'avoir été en
possession de documents qualifiés d'illégaux ou avoir participé à des manifestations.
Cela montre combien les libertés d'expression et de
réunion sont limitées, a-t-il expliqué. Il a
demandé officiellement la libération de 24 prisonniers politiques qui ont vu
leur peine prolongée pour avoir fourni des informations aux Nations Unies.
Les autorités lui ont indiqué que ces nouvelles peines ne
seront pas appliquées. Concernant les détenus, il
a déploré qu'il soit difficile, en l'absence de processus légal et judiciaire
cohérent, de faire la différence entre les prisonniers politiques et les autres
détenus. Garder les premiers en prison est
injuste et contraire au processus démocratique, a rappelé M. Pinheiro.
Le Rapporteur spécial s'est dit très inquiet des allégations de viols par le
personnel du Conseil d'Etat pour la paix et le développement (SPDC) dans la
province du Shan au cours des trois derniers mois. M. Pinheiro a décliné
une invitation à se rendre dans cette province, car une courte visite ne lui
semblait absolument pas suffisante pour vérifier les graves accusations qui lui
avaient été transmises. Il faudrait une équipe
d'évaluation indépendante et M. Pinheiro s'est dit prêt à en coordonner les
activités. Il a fait une proposition dans ce
sens aux autorités du
La note du Secrétaire général sur la situation des droits de l’homme au Myanmar
(A/57/290) concerne le rapport intérimaire sur la situation des droits de
l’homme au Myanmar, établi par le Rapporteur spécial de la Commission des
droits de l’homme, M. Paulo Sergio Pinheiro. Il estime que la récente
amélioration de la situation politique, en particulier la libération le 6 mai
2002 de Mme Daw Aung San Suu Kyi après 19 mois de résidence surveillée, n’avait
pas amené de changements significatifs dans la situation humanitaire, ni dans
celle des droits de l’homme dans ce pays. Le Rapporteur spécial estime
que de tels changements ne seront réalisables que dans le contexte d’un
processus de réconciliation nationale et de progrès concrets, comme la libération
inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, la suppression des
entraves aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles, la fin des
restrictions au fonctionnement des partis politiques, et l’instauration de la
primauté du droit.
Le Rapporteur spécial décrit un pays où la pauvreté
est généralisée, l’économie pâtissant d’un déficit croissant, d’une inflation
galopante, du manque de sources d’énergie et de devises, d’un enseignement
médiocre, de la propagation du VIH/sida et de problèmes liés à l’abus de
stupéfiants. Il estime qu’à court terme, la
fourniture d’une aide humanitaire ciblée pourrait couvrir les besoins
fondamentaux de la population, en particulier pour les groupes les plus
vulnérables. Il signale des violations des droits
de l’homme, notamment dans les zones d’opérations militaires et dénonce les
déplacements de population. Enfin, le Rapporteur spécial demande une
étude sur les conditions carcérales des détenus.
Réponse des parties concernées et dialogue avec les délégations
Le représentant du Myanmar a félicité le Rapporteur spécial pour son
impartialité et l'objectivité avec laquelle il a rempli sa mission. Il a rappelé que le processus d'évolution démocratique
dépendait aussi de mesures d'encouragement de la part des pays développés et a
réaffirmé l'engagement de son pays d'instaurer un système démocratique sur des
bases solides. Il a également rappelé que son
pays s'était engagé en toute liberté dans la voie de la transition
démocratique. Il a reconnu que des efforts
restaient à faire dans le domaine de la liberté de la presse et de la mise en
conformité de certaines lois. Toutefois, il a
plaidé pour qu'on laisse au
S'agissant des conflits armés, le représentant a
expliqué qu'ils avaient commencé depuis l'indépendance et n'étaient pas
imputables au Gouvernement actuel, qui s'efforce de rétablir la coexistence
pacifique au sein de l'Etat du
Au nom de l'Union européenne, le représentant du Danemark a posé la question de
savoir comment la communauté internationale
pouvait-elle contribuer à l'établissement du dialogue politique. M.
Pinheiro a indiqué que tous les groupes ethniques
devraient pouvoir participer aux discussions politiques. La libération de
Mme Daw Aung San Suu Kyi est un signe très
encourageant car elle pourra participer à ce dialogue en tant que dirigeante
d'un parti politique, a-t-il ajouté. Concernant la libération de
prisonniers politiques, il a estimé que la raison du
rythme saccadé des libérations était que les autorités cherchent à en garder la
maîtrise et veulent éviter la déstabilisation du pays. Cela
dit, le Rapporteur spécial a annoncé qu'il continuerait à demander la
libération de tous les prisonniers politiques "car c'est ma mission,"
a-t-il ajouté. Il a encouragé la
communauté internationale à se mettre en contact avec la Secrétaire générale de
la LND et à dialoguer avec les autorités du Myanmar. A la représentante
du Canada qui demandait si les chiffres avancés dans son rapport par le
Rapporteur spécial étaient exacts, M. Pinheiro a déclaré qu'il se félicitait de
ce que ces chiffres n'étaient nullement contestés par le Gouvernement.
Aux représentants des Pays-Bas, de la Nouvelle Zélande, des Etats-Unis et de la
République de Corée qui voulaient avoir des informations sur les allégations de
viols dans la Province du Shan et la situation des personnes déplacées, le
Rapporteur spécial a indiqué qu'il ne s'était pas rendu dans la province de
Shan, et qu'il refusait d'y aller du fait de ses faibles moyens. C'est
une région très difficile d'accès et il craint de ne
rien pouvoir vérifier. Il avait fait une
proposition aux autorités du
Concernant les personnes déplacées, autre sujet de préoccupation des
délégations citées, M. Pinheiro a indiqué que le HCR
et le CICR travaillaient le long des frontières. Il
a attiré l'attention sur les problèmes des "zones noires",
c'est-à-dire des zones d'opérations militaires. Concernant le rôle des
Nations Unies, le Rapporteur spécial a rencontré les institutions spécialisées,
dont certaines sont en contact avec les autorités du
La représentante de l'Inde a posé au Rapporteur spécial la question de savoir
s'il était temps de lever les sanctions contre le
rajouter," a-t-il conclu.