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- La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 5, 16
octobre 2002
SOMMAIRE
Un livre sur les femmes
de Birmanie
Prisonniers politiques
Position Européenne
Réforme politique
et crise humanitaire
Des opposants détenus
au secret pour possession de journaux interdits
Un livre sur les femmes de Birmanie
Birmanie côté
femmes, Claude DELACHET-GUILLON
Editions Olizane, Suisse, 18 euros.
Claude DELACHET-GUILLON, présidente du COSEFEB (comité de soutien aux femmes et enfants de Birmanie), publie un ouvrage passionnant qui nous en apprend beaucoup sur les femmes,
le Bouddhisme, et la société
birmane dans son ensemble,
tout en replaçant son analyse
dans le contexte de la dictature. Un livre
à recommander à ceux qui connaissent
le problème birman comme à ceux
qui voudraient s’y intéresser. A noter que France Culture consacrera une émission à
ce livre
samedi 19 octobre de 12h à 12h30.
" Depuis de nombreuses années, l’opposition à la dictature militaire en Birmanie est incarnée
par Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991. De manière moins visible, des
millions de femmes birmanes luttent
pour le droit d’exister dans la dignité, au sein d’une société
caractérisée par l’arbitraire
d’un régime dirigé par des hommes.
L’auteure, familière de la Birmanie, leur donne ici
la parole, qu’elles soient opposantes actives à la junte, épouses-victimes ou femmes répudiées. Elle décrit la situation des très nombreuses réfugiées appartenant à des ethnies minoritaires qui ont du fuir
les exactions de la soldatesque birmane
et survivent dans des camps sur la frontière birmano-thai.
Eclairés par leur contexte historique et social, ces textes
poignants évoquent le quotidien et mettent en lumière les combats et la générosité
de ces femmes. Ils
appellent à une réflexion plus profonde sur les valeurs de nos sociétés.
Claude DELACHET-GUILLON a travaillé
en Birmanie de 1968 à 1972.
De cette expérience est né
un premier livre, Daw Sein ou
les 1 000 vies d’une femme birmane
".
Prisonniers politiques
Les militaires ont libéré 31 prisonniers politiques, dont sept membres de la NLD. Cette nouvelle est survenue à la veille
de la visite de l’envoyé
des Nations Unies pour les Droits
de l’Homme, le 12 octobre
(on se souvient que le lendemain de la visite du ministre Australien
des Affaires Etrangères, 30 personnes
avaient été arrêtées…).
D’après un
porte-parole de la NLD, il s’agirait d’étudiants incarcérés en 1996.
C’est la
première visite de Mr Pinheiro en Birmanie depuis la libération d’Aung San Suu Kyi. Il a été
convié par les autorités birmanes à venir
vérifier le caractère infondé des allégations d’usage du viol comme arme de guerre contre les minorités ethniques, allégations démenties par la junte (une fois de plus nous renvoyions à la lecture édifiante du rapport " licence to rape
" pour se faire une idée du
caractère " infondé
" de ces fameuses allégations.
Dans le même temps, on
continue dans tous le pays à arrêter des opposants
pour " lecture de journaux
interdits ". Sans parler
du taux de mortalité dans les prisons birmanes, qui d’après l’Association d’Aide aux Prisonniers Politiques (AAPP) serait en train de croître de façon inquiétante (pour en savoir
plus, on peut visiter leur site : www.aappb.org ).
Position Européenne
" Déclaration relative aux arrestations
politiques en Birmanie faite par la présidence de l’UE au nom de ses
membres (11 octobre 2002).
L’Union Européenne note
avec beaucoup d’inquiétude les récentes
détentions et arrestations d’ordre politiques en Birmanie/Myanmar,
et notamment celles de plusieurs étudiants en août, et de trente personnes fin septembre.
L’UE, comme les membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies et la commission des Droits
de l’Homme des Nations Unies,
a de nombreuses fois appelé à la libération
de tous les prisonniers politiques en Birmanie/Myanmar.
L’UE a salué la libération
de plus de 300 prisonniers politiques
ces dix-huit derniers mois. Cependant ces modestes
progrès sont sapés par de nouvelles arrestations totalement injustifiées. L’UE appelle les autorités de la Birmanie/
Cette déclaration ne dit pas si
l’UE, qui souhaite que ces appels
soient entendus, finira par entendre celui du prix Nobel de la paix pour que des sanctions économiques soient prises à
l’encontre du pouvoir militaire…
Réforme politique
et crise humanitaire
Source : EBO 13 octobre 2002
Dans une interview accordée à l’ONG
Altsean
Elle semblait avoir assoupli sa position ces derniers temps, déclarant même en Août au Premier ministre japonais que pour elle une aide humanitaire
etait envisageable, tant que des mesures
etaient prises pour s’assurer que la population serait la véritable bénéficiaire de cette aide. Elle démontre par cette déclaration que ses priorités
n’ont pas changées. Par ailleurs, le leader de l’opposition
birmane a dénoncé la politique Australienne d’aide à la Birmanie,
la décrivant comme une perte d’argent
pour les Australiens.
Elle a réaffirmé l’importance
d’une unité de la communauté internationale
dans la dénonciation de la junte, et dans l’application de sanctions économiques.
Des opposants détenus
au secret pour possession de journaux interdits
RSF 10 octobre
Reporters sans frontières et
la Burma Media Association ont dénoncé
l'arrestation de plusieurs dizaines d'opposants impliqués dans la diffusion de journaux interdits par la junte. Certains sont détenus au secret depuis plus de dix
jours.
"Alors que
dix-huit prisonniers politiques ont été libérés au mois de septembre, cette nouvelle vague de répression
témoigne de l'hostilité du régime militaire à l'encontre du
pluralisme de l'information.
Il est intolérable que des dizaines de Birmans soient emprisonnés pour le simple fait d'avoir
lu ou distribué
un journal", ont déclaré
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières,
et U Thaung, président de
la Burma Media Association, dans une
lettre adressée au ministre birman de l'Intérieur, le lieutenant-général
Tin Hlaing.
Les deux organisations ont demandé la libération de toutes les personnes emprisonnées pour possession de publications d'opposition. "La fin de la censure et des
restrictions à l'encontre
des publications d'opposition seraient
un geste d'ouverture sans précédent en Birmanie", ont souligné MM. Ménard et U Thaung.
Par ailleurs, Reporters sans frontières
et la Burma Media Association ont demandé
au ministre de l'Intérieur
de tout mettre en ?uvre pour que le gouvernement permette à la Ligue nationale
pour la démocratie (LND) de lancer un journal. La junte militaire n'a jamais répondu
à la demande formulée, en mai 2002, par Aung
San Suu Kyi, secrétaire générale
de la LND, d'une licence de
publication.
Le 25 septembre 2002, une trentaine d'activistes, pour la majorité d'anciens prisonniers politiques, ont été arrêtés
et interrogés par les services de sécurité
pour possession de publications d'opposition, notamment le journal Khit Pyaing (Nouvelle Ere, publié en Thaïlande). Selon le magazine
Irrawaddy (basé en Thaïlande),
il s'agit
d'une stratégie d'intimidation des services secrets militaires
(MIS) pour empêcher les opposants
d'accéder aux publications interdites.
A ce jour, plus d'une douzaine de personnes sont toujours détenues au secret.
Selon Reporters sans frontières
et la Burma Media Association, près
d'une quarantaine de personnes ont été
arrêtés ces deux dernières années pour avoir distribué ou lu
un journal d'opposition imprimé
en Thaïlande. Certains ont été torturés
et condamnés à de lourdes peines
de prison pour ce seul délit.
En juillet 2002, Aung Thein
et Kyaw Naing Oo, deux membres
de la branche jeunesse de
la Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont été arrêtés et condamnés à une
peine de trois ans de prison pour possession d'exemplaires
de Khit Pyaing. Ils auraient
été roués de coups lors de leur arrestation.
Le 12 février 2002, Ko Tin Saw, alias Tharkhan, a été arrêté au marché de Bayintnaung à Kawthaung
(est du
pays), alors qu'il revenait de Ranong (Thaïlande). Pris en possession
d'un téléphone mobile et du numéro de février
du journal Khit Pyaing, il a été
accusé d'envoyer des informations aux radios étrangères.
Le jour même, Ko Tin Saw a été
emmené à la base n°3 des
services secrets à Kawthaung,
où il
aurait été torturé lors de son interrogatoire.
En 1999 et 2000, sept membres
du réseau clandestin de distribution de la revue interdite
Mojo, publication liée à la LND, ont été
arrêtés. Il s'agit de Mg Hla Soe, Ko Win Naing, Mg Kyaw Wae Soe, Joseph, Tint Wae, Ko Myo et Ma Htay Htay. La plupart
d'entre eux ont été condamnés
à sept ans
de prison pour avoir distribué ce mensuel
d'opposition imprimé en Thaïlande, et aujourd'hui disparu. Trois mille exemplaires étaient
régulièrement destinés à la Birmanie.
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Contact :
Mael RAYNAUD
Info Birmanie
9, passage Dagorno
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