Birmanie>Net Hebdo - La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 3, 2 octobre 2002
Edito
Cette deuxième édition de notre hebdomadaire électronique est entièrement
consacrée à un évènement d’importance qui a eu lieu dimanche dernier à Copenhague. Alors
que se tenait dans la capitale danoise un sommet UE-ASEAN dit " ASEM4 " (pour ASia Europe Meeting), les ONG des deux
continents se réunissaient quant
à elles au sein d’un contre sommet, ASEM4PEOPLE, dont la dernière journée etait consacrée à la Birmanie. Au cours de celle-ci, des dirigeants de toutes les minorités ethniques de Birmanie ont co-signé avec Sein Win, le Premier ministre
en exil, la déclaration qui
suit. Il s’agit d’un texte auquel toutes
les organisations birmanes favorables
à la démocratie doivent pouvoir adhérer. Info Birmanie, présente à ce
sommet, ne peut que se faire le témoin de l’émotion que l’on pouvait
sentir dans la salle, à la vision des sept leaders d’organisations représentants les sept minorités ethniques, de Sein Win,
de Teddy Burri, de Moe Aye, qui dirige
la radio " free voice of Burma " , d’Harn
Yawnghwe qui dirige l’Euro
Burma Office assis à la même table pour présenter ce texte, en présence
de Mairead Maguire, prix Nobel de la paix 1977, de Asda Jayanama, ancien représentant de la Thaïlande aux
Nations Unies et de Helle Degn, commissaire aux droits de l’Homme de la région baltique et ancienne ministre danoise de l’aide au développement.
Notre association se félicite d’avoir
pu accueillir Sein Win, qui
dirige donc le NCGUB
(National Coalition Government for the Union of Burma), et d’avoir
pu organiser une table ronde en sa présence à
l’Assemblée Nationale.
Cette lettre étant gratuite, n’hésitez pas à nous demander de rajouter votre nom ou un
autre à sa
liste de diffusion.
Déclaration de Copenhague
22 septembre 2002. Déclaration
faite au nom des peuples
des états Arakan, Chin, Kachin, Karen, Karenni, Mon,
Shan, et du gouvernement en
exil (NCGUB) .
Lorsque le Général Ne Win a
pris le pouvoir en 1962, mettant fin à la démocratie, il proclamait que l’armée se devait de protéger la Birmanie de la désintégration. D’après lui, le mouvement des minorités ethniques pour obtenir un amendement à la constitution qui permettrait
la naissance d’un état fédéral
allait faire éclater le
pays. En mettant un terme à un dialogue pourtant légitime et en imposant une solution militaire, Ne Win plongeait en fait le pays dans la
guerre civile.
Pourtant, la création de l’Union de la Birmanie etait basée sur
les Accords de Panglong en 1947 entre les leaders des
minorités ethniques et Aung
San.
Ces Accords reposaient sur des principes simples : égalité des droits entre les différentes nationalités ethniques, autodétermination et démocratie. Malheureusement Aung San fut assassiné et les Accords de Panglong ne
furent jamais respectés.
Plusieurs régimes militaires
successifs ont tenté ces 53 dernières
années de supprimer les minorités ethniques qui représentent 40% de la population birmane
et qui vivent sur plus de
60% du territoire national.
C’est là la source de
bien des atteintes aux droits de l’Homme, et de tellement d’ excès que le pays finit par exploser en 1988, quand des mouvements demandant le retour à la démocratie
prirent forme dans tous le pays.
Une fois de plus les militaires confisquèrent le pouvoir à la rue, pour " sauver " la nation de la désintégration.
La junte déclare que sans une forte force militaire qui contrôle le pays, l’Union de la Birmanie éclaterait comme celle de Yougoslavie. Il y a pour
elle 135 races en Birmanie,
chacune ayant pour but d’établir une nation indépendante.
Ceci n’est pas vrai. Il n’y a que 8 états qui constituent l’Union de la Birmanie, et nous demandons en premier lieu
aux militaires de reconnaître
les droits humains et politiques élémentaires aux birmans, sans distinction ethnique.
Ces droits ne peuvent leur
être reniés.
Nous demandons ensuite au SPDC de reconnaître qu’il n’y a pas de solution militaire aux problèmes de la Birmanie. Seuls le dialogue, les négociations, les compromis et la
volonté de travailler
ensemble permettront de reconstruire
la nation.
De plus, nous, représentants
des minorités ethniques, approuvons le dialogue entre le
SPDC et Aung San Suu Kyi qui a commencé en octobre 2000. Nous sommes cependant déçus qu’aucun progrès n’ait eu
lieu depuis lors.
Nous le sommes encore plus
de voir que les militaires n’ont fait aucun effort pour gagner la confiance de ceux qui représentent pourtant 40% de la
population. Des opérations militaires
accompagnées d’atteintes
aux droits de l’Homme, notamment de viols, d’exécutions sommaires, de contraintes au
travail forcé ou au déplacement de populations se sont
intensifiées dans les régions frontalières.
Nous demandons donc au SPDC :
- De lancer immédiatement un vrai
dialogue avec Aung San Suu Kyi.
- D’arrêter immédiatement
les viols, le travail forcé, les déplacements
de populations, les exécutions sommaires,
et autres atteintes aux droits de l’Homme,
particulièrement dans les
zones peuplées par les minorités
ethniques.
- De cesser immédiatement
les hostilités et les opérations
militaires contre les minorités ethniques.
- De libérer immédiatement
les prisonniers politiques,
et de leur permettre de participer au débat politique.
- De permettre aux différentes
armées qui ont signé des accords de cesser le feu avec lui de se rencontrer librement pour discuter entre elles de la façon dont elles peuvent
soutenir le dialogue et aider
à reconstruire le pays.
- D’élargir le processus de
dialogue afin d’y inclure les minorités ethniques dans un dialogue
tripartite.
De plus, nous appelons la communauté internationale :
- A favoriser l’arrêt de l’usage systématique du viol comme arme
de guerre.
- A donner refuge, aide sociale
et psychologique aux survivantes
de viols.
- A apporter aide et assistance humanitaire
au peuple birman.
- A appliquer les résolutions
de l’Assemblée Générale des
Nations Unies qui appellent
depuis 1994 à un dialogue
tripartite entre les militaires,
le mouvement démocratique emmené par Aung San Suu Kyi et les minorités
ethniques.
- A faire appliquer les demandes
de l’Organisation Internationale
du travail concernant le
travail forcé en Birmanie.
- A renforcer les sanctions internationales
et à introduire de nouvelles mesures contre les militaires jusqu’à ce que
ceux-ci donnent de vrais signes d’une
volonté de dialogue.
De notre coté :
- nous réaffirmons notre volonté d’engagement
dans un dialogue tripartite, que
nous considérons comme le meilleur moyen pour notre pays d’arriver à une
réconciliation nationale et
à la démocratie.
- Nous sommes prêts à cesser
les hostilités avec l’armée
birmane, si celle-ci
déclare un cessez le feu national.
- Nous continuerons à consulter les autres
organisations à l’intérieur
et à l’extérieur de la Birmanie pour réfléchir à la façon dont
nous pouvons vraiment aider à la reconstruction de la Birmanie
dans l’esprit des Accords
de Panglong.
- Nous continuerons à travailler avec la communauté internationale et les
Nations Unies pour trouver une solution juste et équitable pour la Birmanie.
Nous sommes prêts à parler
avec le SPDC pour trouver des moyens
de travailler ensemble au bien
de la nation et son peuple.
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Contact : Mael
RAYNAUD
Info Birmanie
9, passage Dagorno
75020
Tel / Fax : 01 44 93 93 57
<[email protected]>
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