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La lettre d'information hebdomadaire d'Info Birmanie
No. 1, 18 septembre 2002
SOMMAIRE ,
Nouvelle lettre hebdo
Des nouvelles du rapport " licence to rape "
Sommet international sur la Birmanie
Aung San Suu Kyi assiste à une cérémonie avec des membres de la junte.
Délégation de l'UE: Aung San Suu Kyi se dit "neutre" quant aux
sanctions
Visite de la Troïka Européenne (8-10 sept 2002)
Des réfugiés Rohingya s’opposent à la police du Bangladesh.
Plainte contre TOTALFINAELF
Interview de Shan Lum, Membre de la KIO
Nouvelle lettre hebdo
Info Birmanie lance une nouvelle lettre hebdomadaire d'information sur la
situation en Birmanie. C'est une première, donc n'hésitez pas à nous faire part
de vos remarques. L'abonnement à la lettre électronique est gratuit. Pour vous
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. L'édition bi-mensuelle en version papier est toujours disponible, sur abonnement
de soutien à partir de 20 euro. Merci de largement diffusé ce message.
Cordialement. L'équipe d'Info Birmanie
Des nouvelles du rapport " licence to rape "
La controverse entre la Thaïlande et la Birmanie est de nouveau alimentée par
le récent soutien du Sénat Thaïlandais au rapport sur le viol comme arme de
guerre en pays Shan intitulé " licence to rape " (consultable à Info
Birmanie). Le gouvernement birman a publié un texte niant formellement les
agissement de ses soldats, taxant les faits cités de "fabriqués et
faux". Tout en faisant pression sur la population Shan, notamment en
faisant signer des déclarations reniant les plaintes.
Kraisak Choonhavan, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat
Thaïlandais a condamné le 4 septembre dernier ce qu’il considère comme le viol
systématique, la torture et le meurtre à grande échelle des minorités ethniques
en Birmanie.
" Dans les plaines centrales de l’Etat Shan, des villageois sans armes ont
été menacés, certains tués. Le pire reste le viol systématique. Plus de six
cent femmes ont été violées, certaines l’ont été régulièrement pendant
plusieurs années. Il y a parmi les victimes des petites filles de onze ans, et
de vieilles dames de soixante ans. La plupart des viols ont été initiés par des
officiers, suivis par leurs subordonnés. Ils ont été commis dans les villages
et dans les camps de l’armée, les deux tiers des victimes étant ensuite
abattues.
Des enfants et des adultes ont été torturés et tués sans raison. Certains ont
été plongés dans l’eau bouillante, la tête en sang. Nous avons les noms des
victimes et des soldats responsables de ces atrocités " a rappelé le
sénateur.
Mr Kraisak a promis de continuer à exposer à ses collègues les abus dénoncés en
Birmanie. Il a également demandé aux Nations-Unies de procéder à une enquête.
Une déclaration de l’ambassade de Birmanie à
Il est important de noter qu’aucune enquête n’a été diligentée par les
autorités birmanes, et qu’au contraire on a fait pression sur les populations
pour qu’elles signent des déclarations invalidant le rapport, préparées et imprimées
par le gouvernement. Des soldats auraient aidé les illettrés à tenir la plume…
Un homme de cinquante quatre ans qui refusait de signer parce que sa fille
avait été violée a été forcé à signer, les militaires lui tenant les mains (il
etait lui-même illettré). Les déclarations sont " collectées " par
les mêmes troupes accusées de viols, ce qui en dit long sur la volonté du
gouvernement de faire la lumière sur cette affaire…
Communiqué de presse concernant le sommet international sur la Birmanie
qui a lieu à Copenhague le 22 septembre.
La junte militaire birmane en procès à Copenhague
" Nous voulons dire à la communauté internationale que la pression
politique qui pèse sur le pouvoir militaire birman doit être accentuée plutôt
que diminuée ", déclare la secrétaire générale du comité
danois pour la Birmanie (Danish Burma Commitee), Anette Berentzen, avant
le sommet international sur la Birmanie qui aura lieu à Copenhague le 22
septembre prochain. Nous voulons que ce message soit clair avant que les
dirigeants européens et asiatiques ne se rencontrent les jours suivants lors du
sommet de l’ASEM.
Ce message à la communauté internationale sera porté lors des différentes
tables rondes, au cours desquelles on donnera aux victimes de la junte
l’opportunité de s’exprimer.
Le but est de renverser la situation, c’est à dire de mettre la junte en
procès, quand en Birmanie on a plutôt l’habitude de faire passer ceux qui se
battent pour la démocratie, les défenseurs des droits de l’homme, les
représentants des minorités ethniques et le peuple birman en général, devant
les juges.
Des prisonniers politiques raconteront leur expérience de la torture et de
l’emprisonnement illégal (environ 1 500 d’entre eux demeurant actuellement
derrière les barreaux).
On parlera également du travail forcé, de l’usage systématique par l’armée du
viol comme forme d’oppression des minorités ethniques en Birmanie. Les auteurs
du rapport " permis de violer " (" licence to rape ") qui
rapportent 625 cas de viols commis par des militaires birmans, seront presents
à Copenhague pour presenter les preuves choquantes contenues dans leur rapport.
Les victimes auront l’occasion de s’exprimer devant un panel de personnalités
comprenant Mairead Maguire, prix Nobel de la paix 1977 et qui, après avoir
ecouté ces temoignages, donnera des recommandations à la communauté
internationale.
Au même moment des leaders des minorités ethniques birmanes se rencontreront à
Copenhague, dans le but d’arriver à une position commune sur la façon dont la
société birmane pourrait etre organisé une fois la democratie etablie en
Birmanie, et de prouver au monde qu'il existe une alternative réaliste au
gouvernement militaire. Le Dr Sein Win, Premier ministre du gouvernement birman
en exil, participera à la réunion, à l'issue de laquelle sera présentée la
résolution commune. "La junte militaire déclare qu'ils doivent se
maintenir au pouvoir poue éviter la désintégration, à l'image de
l'ex-Yougoslavie" explique Annette Berentzen, "mais c'est juste une
mauvaise excuse pour ne pas s'accrocher au pouvoir. A Copenhague, nous
montrerons la réalité,
Aung San Suu Kyi assiste à une cérémonie avec des membres de la junte.
Le leader des démocrates birmans, Aung San Suu Kyi, a assisté à une cérémonie
de commémoration des attentats du 11 septembre avec des responsables de la
junte, à Rangoun. C'est la première fois depuis sa libération qu’Aung San Suu
Kyi apparaît en public avec des hauts
responsables du régime. La délégation gouvernementale était conduite par le
général Kyaw Win, numéro deux des renseignements militaires, et comprenait
aussi le vice-Ministre des Affaires étrangères Khin Maung Win.
Aung San Suu Kyi et le numéro deux des renseignements militaires étaient tous
deux assis au premier rang mais ne se sont pas adressé la parole. Leur présence
à la même cérémonie publique revêt néanmoins un caractère symbolique.
Environ 300 personnes, dont des membres de l'administration birmane, du corps
diplomatique et des agences des Nations unies présentes à Rangoun avaient été
invités à la courte cérémonie de recueillement organisée dans un hôtel de luxe.
Le nouveau chargé d'affaires américain, Mme Carmen Martinez, a prononcé un bref
discours à la mémoire des quelques 3.000 morts des attentats du 11 septembre
2001.
Le général Kyaw Win est l'interlocuteur d’Aung San Suu Kyi dans le
dialogue secret de "réconciliation nationale" qu'elle mène
depuis bientôt deux ans avec la junte au pouvoir.
Délégation de l'UE: Aung San Suu Kyi se dit "neutre" quant aux
sanctions
Aung San Suu Kyi a expliqué mardi à une délégation de l'Union européenne être
"neutre" quant au maintien des sanctions internationales contre
Rangoun.
La dirigeante de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) a eu des
"discussions sur tous les sujets" pendant deux heures au siège de la
LND avec la délégation de l'UE en visite à Rangoun.
"Les pays font ce qu'ils pensent qu'ils doivent faire", a-t-elle
déclaré au sujet des sanctions imposées par l'Europe et les Etats-Unis en
raison des violations des droits de l'Homme auxquelles se livre le régime
militaire. "Elle n'a pas fait de commentaire sur (la politique) des
sanctions", a ajouté le porte-parole de la LND, "elle a une position
de neutralité sur cette question".
Le prix Nobel de la paix, jusqu'à récemment très ferme partisan du maintien
d'un strict régime de sanctions, avait récemment marqué une inflexion de sa
position sur cette question cruciale pour le régime paria, apparemment à la
suite de deux longs voyages en province où elle avait pu constater le dénuement
de la population.
Elle avait en effet indiqué en août qu'elle ne s'opposerait plus à l'aide
étrangère à la Birmanie --pays dont l'économie est exsangue-- tant que
celle-ci profiterait au peuple et serait assortie de fortes garanties de
transparence.
La position de Mme Suu Kyi est un élément déterminant dans la décision de la
communauté internationale d'assouplir éventuellement les sanctions contre le
régime.
L'UE avait indiqué en mai que la levée de l'assignation à résidence de la
dissidente --geste consenti par la junte pour prouver sa bonne volonté à la
communauté internationale-- n'était pas une mesure suffisante pour qu'elle
envisage de lever ses sanctions.
Parmi ces sanctions figurent une suspension de toute aide bilatérale hors
humanitaire, un embargo sur les armes, un gel des avoirs et un refus de visa
pour les membres du Conseil d'Etat pour la paix et le développement (SPDC) au
pouvoir, du gouvernement et de l'armée.
La délégation européenne, composée de deux représentants du Danemark et de la
Grèce, actuel et futur présidents de l'UE, et de deux représentants de la
Commssion, devait selon son programme rencontrer le numéro trois du régime, le
chef des renseignements militaires, mais le général Khin Nyunt était encore
mardi en fin de journée retenu en province par le mauvais temps en cette
période de mousson.
Arrivée dimanche à Rangoun, la délégation européenne devait quitter la Birmanie
mardi soir.
Visite de la Troïka Européenne (8-10 sept 2002)
Une mission de l’Union Européenne (UE), emmenée par le
danois Carsten Nilaus Pedersen, s’est rendue en Birmanie du 8 au 10 septembre
dernier. La troïka a rencontré notamment le vice Ministre des Affaires
étrangères, U Khin Maung Win, le Secrétaire Général de la Ligue Nationale pour
la Démocratie (NLD), le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi , des
représentants des minorités ethniques, des agences de l’ONU et des ONG internationales.
La rencontre prévue avec le Secrétaire n° 1 de la junte miltaire, le SPDC
(State Peace and Development Concil), a été annulée, officiellement parce que
les trop fortes pluies l’empêchaient de rentrer à Rangoun (sic).
Le double objectif de la mission etait d’obtenir des informations de première
main sur la situation politique en Birmanie, notamment en ce qui concerne les
droits de l’Homme, et de faire entendre clairement les attentes de l’UE, au
moment où cette dernière doit bientôt discuter de sa position vis-à-vis du
pouvoir birman.
C’est dans ce contexte que la Troïka a défendue certaines positions de
l'UE, afin :
- D'encourager la poursuite du processus de Réconciliation Nationale
entre le SPDC, Aung San Suu Kyi et les minorités ethniques.
- D'appeler à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques
birmans, au retrait des restrictions aux libertés d’expression, d'association
et de rassemblement.
- D'exprimer l’inquiétude de l’UE quand au respect des droits de l’Homme,
particulièrement dans les zones des minorités ethniques, et la pratique du
travail forcé en Birmanie.
- De souligner l’inquiétude de l’UE face au fait que la Birmanie reste l’un des
principales producteurs d’opium et autres drogues.
- D'exprimer son soutien à la mission de l’envoyé spécial du Secrétaire Général
des Nations Unies, le Malaysien Razali Ismail.
- D'exprimer la reconnaissance par l’UE des pas effectués par le SPDC vers la Réconciliation
Nationale : La libération d’Aung San Suu Kyi, de plusieurs dizaines de prisonniers
politiques et l’établissement en Birmanie d’un officier de liaison de
l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
- D'affirmer que l’UE est prête à répondre positivement, et
proportionnellement, à des évolutions positives significatives du climat
politique du pays.
Des réfugiés Rohingya s’opposent à la police du Bangladesh.
A en croire " The Ittefaq ", un quotidien du Bangladesh, un groupe de
réfugiés Rohingya refusant son rapatriement dans l’Arakan, la région d’origine
des Rohingya en Birmanie, s’est abrité dans le camp de réfugiés de Nayapara
dans le sud-est du Bangladesh avant d’être pris dans une rixe avec la police.
Au moins vingt réfugiés et quatre policiers ont été blessés, a rapporté le
journal. Cinq Rohingya dont une femme ont été arrêtés à la suite de cet
incident.
Les sources policières et des témoins affirment que la rixe a débuté après que
la police ait tenté de disperser une manifestation contre le rapatriement en
tirant des balles à blanc.
Plainte contre TOTALFINAELF
Nous reproduisons ici le communiqué de l’association Sherpa :
" Des réfugiés birmans portent plainte contre les dirigeants de
TotalFinaElf et sa filiale opératrice en Birmanie pour séquestration
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée le lundi 26
août 2002 par Maître William BOURDON, après d’importants travaux de recherche
documentaire et juridique effectués par l’association SHERPA, auprès du Doyen
des Juges d’Instruction de Nanterre au nom de deux citoyens birmans victimes du
travail forcé sur le chantier de construction du gazoduc Yadana en Birmanie,
dont la société française TOTALFINAELF est le principal opérateur.
Cette plainte pour crime de séquestration vise les dirigeants des sociétés
TOTALFINAELF et sa filiale TOTALFINAELF E & P MYANMAR, à l’époque des faits
(Hiver 1995), respectivement Messieurs Thierry DESMAREST et Hervé MADEO.
Les plaignants font grief aux dirigeants des deux sociétés françaises, d’avoir
en pleine connaissance de la réalité du recours au travail forcé en Birmanie, exercé
un rôle déterminant dans leur enrôlement par l’armée birmane, dont elles ont
recruté et payé les bataillons, pour effectuer, contraints et forcés, dans
l’intérêt des deux sociétés, des travaux sur le chantier de construction du
gazoduc.
Les plaignants, dont l’un n’était âgé que de 13 ans au moment des faits,
espèrent par cette action, voir identifiés et poursuivis les responsables des
graves infractions dénoncées et par conséquent obtenir réparation des
préjudices subis.
Ils attendent de la justice française, compétente s’agissant des crimes commis
par des français à l’étranger, que soit amorcée, sans délai, toute
investigation utile.
L’association SHERPA, réseau international de juristes, soutient pleinement
cette action qui vise à démontrer que l’extraterritorialité dans laquelle
agissent certains agents privés n’est pas la garantie systématique de
l’impunité. "
SHERPA
156, rue de Rivoli - 75001
Tél : 01 42 60 84 17
Fax : 01 42 60 19 43
E-mail : [email protected]
Interview de Shan Lum, Membre de la KIO (Kachin Independance
Organisation).
Le NCUB (National Council of Union of Burma ) a mis en place une formation aux
relations internationales pour 17 jeunes, issus des mouvements de l’opposition
démocratique birmane. Dans ce cadre, Shan Lum a rejoint l’équipe d’Info
Birmanie du 28 janvier au 20 avril 2002. Nous profitons de sa présence pour
demander à ce protagoniste de témoigner de la situation actuelle.
IB : Tu as quitté la Birmanie en 1987, à l’âge de 17 ans. Peux-tu nous
expliquer les raisons de ce départ ?
Shan Lum : Je n’ai pas quitté la Birmanie pour des raisons personelles. A cette
époque, j’etais soldat de la KIA (Kachin Independance Army,ndlr). Mon
organisation a envoyé une mission en Thailande pour prendre des contacts avec
la communauté internationale et travailler avec les autres groupes ethniques,
et j’ai suivi cette mission.
IB : Comment les choses se sont-elles passées lors de ta fuite et à ton arrivée
en Thaïlande ?
Shan Lum : Les choses ne sont pas faciles. Nous pouvons etre arretés à
n’importe quel moment. Nous vivons illégalement en Thailande, mais nous sommes
obligés d’y rester. La Thailande est le seul pays qui permette à des Birmans
d’etre en contact avec la communauté internationale. Dun autre coté, je dirais
que la Thailande soutient le mouvement démocratique Birman, en laissant
beaucoup d’opposants, réfugiés et migrants Birmans vivre sur son territoire.
Pour ma part je suis assez heureux de vivre en Thailande.
IB : Comment as-tu vécu les événements de 1988 ?
Shan Lum : Beaucoup de groupes armés ethniques se battent depuis des decennies,
mais la Birmanie etant isolée depuis le coup d’Etat militaire de 1962, la
communauté internationale est très peu au fait de la situation. Le soulevement
etudiant de 1988 a été le moment clé et le declencheur du mouvement pour la
démocratie.
IB : Qu’en retiens-tu 14 ans après ?
Shan Lum : Je suis parfois frustré que le mouvement mette autant de temps à
aboutir et que nos vies privées lui soient sacrifiées, mais nous n’allons pas
abandonner notre but qui est d’instaurer la démocratie en Birmanie, meme si
nous sommes confrontés à un certain nombre de difficultés dans nos propres
vies.
IB : Peux-tu nous présenter la KIO ?
La KIO a été fondée en 1962 pour combattre la dictature militaire en Birmanie.
Notre objectif
est de defendre les droits de la population Kachin, sa culture, son histoire,
et son droit à
l’auto détermination. Mais après nous etre battu pendant plus de trente ans, nous
nous sommes aperçus qu’il y avait eu beaucoup de morts dans les deux camps, et
que la population continuait à souffrir. De plus nous pensons quele problème
est politique est qu’on doit le resoudre par des moyens politiques. Nous avons
signé un cessez le feu en 1994, parce que nous pensons que la voie armée n’est
pas une solution.
Cela fait bientôt dix ans que nous avons signé ce cessez le feu, mais aucun
dialogue n’a vu le jour entre la KIO et le SPDC. Le peuple Kachin souffre
toujours de l’oppression du regime militaire, comme tous les groupes ethniques
de Birmanie.
IB : Quelles fonctions occupes-tu en son sein ?
Shan Lum : Je suis permanent de la ROKA (Representative Office of Kachin
Affairs, la branche " affaire etrangeres " de la KIO). Nous travaillons
en collaboration avec les autres organisations et groupes ethniques. Nous
sommes egalement coordinateur du projet de developemment de l’Etat Kachin.
IB : La KIO a signé en 1994 un Cessez-le-feu avec la junte. De ton point de
vue, quels en ont été les effets négatifs et positifs ?
Shan Lum : Je suis assez déçu par le cessez le feu. Les troupes du SPDC
contrôlent de plus en plus le territoire, le commerce, la population et les
ressources naturelles. Cela dit, comme je l’ai déjà dit, la lutte armée n’est
pas non plus une bonne solution pour resoudre les problèmes politiques et
ethniques en Birmanie.
IB : Quelle description ferais tu de la Birmanie à l’heure où nous parlons ?
Shan Lum : La Birmanie vit depuis longtemps sous la coupe d’une dictature militaire.
Ce régime en a fait un des pays les plus pauvres du monde, où les violations
des droits de l’Homme sont les pires, où le taux d’alphabétisation est l’un des
plus bas du monde.
A l’inverse, c’est le premier producteur mondial de drogue. Je ne pense pas que
ces problèmes pourront etre résolus tant que la junte restera au pouvoir.
IB : Penses-tu qu’Aung San Suu Kyi peut conduire la Birmanie à la démocratie ?
Shan Lum : C’est un grand leader. Elle est d’une grande importance pour notre
mouvement pour la démocratie en Birmanie. Mais sans la participation du peuple,
un grand leader seul ne peut pas accomplir une telle tache.
IB : Après l’ouverture économique en 1989, beaucoup de pays ont prônés "
l’engagement constructif " au mépris de la demande d’Aung San Suu Kyi.
Depuis novembre 2000, l’OIT a condamné " l’utilisation massive et
généralisée " du travail forcé en Birmanie et demande à ses membres de
veiller à ce que leurs activités ne favorisent pas davantage cette situation.
Penses-tu que ces sanctions soient suffisantes ?
Shan Lum : Je pense que beaucoup de pays ont une attitude ambiguë vis à vis de
la Birmanie.
Beaucoup de pays démocratiques et civilisés clament haut et
Tous ces hommes d’affaires et ces gouvernements devraient ecouter la voix du
peuple et de l’opposition Birmane.
IB : La France est également concernée, puisque TotalFinaElf a investit 1,2
milliards de dollars en 1992 pour la construction du pipeline " Yadana
", qui rapporterait aujourd’hui à la MOGE un revenu de 100 à 400 millions
de dollars par an.
Shan Lum : Je suis certain que c’est en partie grace à Total que la junte va
pouvoir porter ses troupes à 500,000 hommes d’ici la fin 2002, acheter des Mig
29 et un réacteur nucléaire aux russes. L’argent vient, selon toute
vraisemblance, de l’exploitation du pipe-line Yadana. Renforcer son armée et
des acheter des armes n’est pas le signe d’une volonté pacifique, mais au
contraire fait craindre de nouveaux conflits internes, la Birmanie n’ayant pas
d’ennemis exterieurs. La population française devrait comprendre qu’une
entreprise française contribue indirectement au massacres du peuple Birman.
IB : Quelle est ta position dans le grand débat sur le tourisme en Birmanie :
Faut-il y aller ou pas ?
Shan Lum : Meme si la Birmanie est un trés beau pays et les Birmans un peuple
chaleureux, je condamne le tourisme dans mon pays parce que :
- Visiter la Birmanie enrichit directement la junte et qu’elle se sert de cet
argent pour opprimer encore un peu plus sa population, aggrandir son armée et
acheter des armes, alors que les conditions de santé et d’education sont
catastrophiques. On sait très bien que la junte n’utilisera pas cet argent pour
faire du social.
- Les touristes ne peuvent pas voir la réalité des conditions de vie des
Birmans dans les zones de conflits et zones frontalieres où la junte a recours
au travail forcé et autres atteintes droits de l’Homme.
- Le tourisme entraine du travail forcé, car la junte construit des hotels, des
routes, des chemins de fer et autres pour les besoins du tourisme. Je pense que
les touristes eux-aussi devraient ecouter les democrates Birmans, pas la junte.
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Contact : Mael RAYNAUD
Info Birmanie
9, passage Dagorno
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